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Les ruptures technologiques désormais au cœur des rapports de puissance

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Depuis 1945, la puissance se mesurait à l’aune de la capacité de projection : dollars, porte-avions, bases militaires. Aujourd’hui, ce paradigme s’effondre. Les États-Unis, hyperpuissance incontestée, échouent à imposer leur volonté, en Irak, en Afghanistan, et peinent à contenir l’Iran. À l’inverse, des puissances régionales, voire des acteurs non étatiques, parviennent à tenir en échec les géants traditionnels. La puissance a-t-elle simplement changé de nature ? Ne résiderait-elle plus dans la capacité de construire, mais dans celle de détruire, de nuire, de bloquer ? L’exemple du détroit d’Ormuz, où l’Iran transforme un goulot d’étranglement maritime en arme de dissuasion massive, illustre ce basculement vers une « puissance de nuisance ». Enfin, dans la course à la puissance, un nouvel élément est désormais à prendre en compte : l’intelligence artificielle. La maitrise des algorithmes, des données et des semi-conducteurs redéfinit la hiérarchie des nations. La puissance de demain se mesure désormais en téraoctets et en capacité de calcul plutôt qu’en nombre de divisions blindées. Les ruptures technologiques rendent les hiérarchies économiques et militaires instables et en permanence susceptibles d’être renversées par la percée novatrice d’un adversaire. Invités : Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions internationales, professeure des universités au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Frédéric Ramel, professeur des universités en science politique à Sciences Po, coordinateur du réseau thématique du Groupe de recherche sur l’action multilatérale au CNRS Guillaume Heim, haut fonctionnaire à la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, spécialiste des enjeux technologiques et de leur dimension stratégique. Enseignant à l’université Paris-Panthéon-Assas. Édition en partenariat avec la revue Questions internationales : « Les empires contre-attaquent. La puissance au 21ᵉ siècle ». À lire aussiNouvelles technologies et enjeux géopolitiques

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Oct 24, 2026

Le 13 septembre 2026, un drone russe a frappé la locomotive du train Kiev-Varsovie en gare de Yahodyn, à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les 206 passagers avaient été évacués un quart d’heure plus tôt. Depuis que le ciel ukrainien est fermé, le rail est la seule porte d’entrée du pays. Les armes, le blé et les dirigeants étrangers passent par là, et Moscou en a fait une cible : en septembre, les chemins de fer ukrainiens ont dû évacuer 5 831 trains. Loin du front, la fermeture du détroit d’Ormuz fin février 2026 a produit l’effet inverse. Le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe a bondi d’un tiers en quelques semaines, et en avril un premier train direct a relié Wuhan à Bakou en dix-huit jours sans passer par la Russie. Longtemps tenu pour une relique du XIXè siècle, le chemin de fer est redevenu un instrument de puissance. C’est la thèse de Claude Leblanc dans Géopolitique du train. La Chine n’avait aucune ligne à grande vitesse en 2007, elle en compte aujourd’hui plus de 50 000 kilomètres, et elle a construit ou modernisé 10 000 kilomètres de voies en Afrique. L’Inde pose ses rails jusqu’à la ligne de démarcation au Cachemire. Les pays baltes changent la largeur de leurs voies pour tourner le dos à Moscou. Washington finance le corridor de Lobito pour faire sortir le cobalt congolais par l’Atlantique. Pendant ce temps, l’Union européenne a perdu des kilomètres de voies, et il faut toujours huit heures pour aller de Paris à Berlin. Reste à savoir si le train peut vraiment rivaliser avec la mer, par où transite toujours l’essentiel des marchandises, et si l’Afrique, à qui l’on promet des milliers de kilomètres de lignes, en sera bénéficiaire ou simple terrain de jeu. Invité : Claude Leblanc, journaliste, éditorialiste à L’Opinion en charge des questions asiatiques, auteur de Géopolitique du train (PUF, collection « Géopolitiques », 2026).

Oct 18, 2026

L’Asie fabrique nos batteries, nos téléphones et une bonne part de la croissance mondiale. Mais derrière ce décollage, que deviennent ceux qui vivent loin des capitales ? Géopolitique s’intéresse au dernier dossier de La revue internationale et stratégique, consacré aux pouvoirs en Asie-Pacifique. L’Indonésie produit près de 60 % du nickel mondial, un métal indispensable aux batteries des voitures électriques. Les complexes industriels se multiplient dans les Moluques et à Sulawesi, souvent au détriment des forêts et de ceux qui en vivaient. Fin août, à Jakarta, les manifestations devant le Parlement se sont soldées par plus de 300 interpellations. En Inde, le redécoupage de la carte électorale voulu par le gouvernement de Narendra Modi inquiète les États du Sud. Au Bengale-Occidental, des millions de noms ont été rayés des listes électorales avant la victoire historique du BJP au printemps. Et entre la Thaïlande et le Cambodge, la frontière reste fermée depuis juin 2025, malgré le cessez-le-feu. Frontières, ressources, électeurs : dans toute la région, les populations semblent devenues un enjeu de pouvoir à part entière. Contrôle des États ou résistance des peuples, qui est en train de l’emporter ? Invités : Coline Laroche, analyste au sein du programme Asie-Pacifique de l’Iris, spécialiste de l’Indonésie, codirectrice du dossier « Pouvoirs en Asie-Pacifique » de La revue internationale et stratégique (n° 142, été 2026) Christine Cabasset, docteure en géographie, associée à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec) et au programme Asie-Pacifique de l’Iris Guillaume Delacroix, journaliste, collaborateur de l’Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique de l’Iris, coauteur de Dans la tête de Narendra Modi (Actes Sud, 2024)

Oct 17, 2026

Le 12 octobre, la Marine nationale a arraisonné au large de La Réunion un pétrolier de la flotte fantôme russe. Trois jours plus tôt, Donald Trump levait les sanctions sur le gazole russe. Deux décisions qui en disent long sur la place qu’occupe aujourd’hui l’énergie dans les rapports de force mondiaux. Le DF Peak naviguait sous un faux pavillon béninois. Jusqu’en 2024, il s’appelait le Kaliningrad. Comme des centaines d’autres vieux tankers, il permet à Moscou de continuer à vendre son pétrole malgré les sanctions européennes. Mais au même moment, Washington prenait le chemin inverse. Face à des prix du diesel au plus haut à quelques semaines des élections de mi-mandat, l’administration Trump a autorisé jusqu’en avril 2027 l’achat de gazole russe. En échange, Kiev est priée de cesser ses frappes sur les raffineries russes. L’Europe arraisonne, l’Amérique achète. Et pendant ce temps, la mer Noire reste une zone de guerre, où des cargos sont frappés au large de la Bulgarie. Le blé, lui aussi, est devenu un instrument de puissance. Pour comprendre ce grand marchandage, Géopolitique s’appuie sur le rapport CyclOpe, référence sur les marchés des matières premières, qui publie cette année sa quarantième édition. Une aventure née en 1983 d’une chronique hebdomadaire sur l’antenne de RFI. Invités : Philippe Chalmin, professeur émérite d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine-PSL, fondateur et directeur du rapport CyclOpe François Luguenot, ingénieur agronome, directeur de FL Consultant, auteur du chapitre céréales de CyclOpe À lire aussiFlotte fantôme : la France ouvre une enquête sur le pétrolier DF Peak après son arraisonnement

Oct 11, 2026

Trump reçu à Pékin en mai, Xi et Poutine qui affichent leur entente fin août au sommet de Bichkek, un possible sommet à trois en novembre à Shenzhen, plus aucun traité qui limite les arsenaux nucléaires américain et russe, Ormuz et Bab el-Mandeb quasiment fermés. Washington, Pékin et Moscou se disputent le monde sans se faire la guerre directement. Dans cette partie à trois, la France est-elle encore un joueur ou déjà un terrain de jeu ? Avec - le vice-amiral Pascal Ausseur, directeur général de la FMES, ancien préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord ; - Céline Bayou, chercheuse à l'INALCO, spécialiste de la Russie et des pays baltes ; - Valérie Niquet, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la Chine et de l'Asie. Émission enregistrée à Toulon, en marge des Rencontres stratégiques de la Méditerranée organisées par la FMES.

Oct 10, 2026

Des drones à quelques milliers d'euros qui frappent les ponts de Kiev quatre jours de suite, y compris le jour de la visite de Friedrich Merz, des avions de l'OTAN qui décollent pour abattre un drone au-dessus de la Lituanie, des missiles qui frappent en deux minutes au Moyen-Orient, des ballons espions à trente kilomètres d'altitude. La guerre du ciel a changé de visage, du ras du sol jusqu'à l'espace. On regarde ce que l'Ukraine, le Golfe et la mer de Chine nous apprennent, et si la France et son industrie sont prêtes. Avec - Malcolm Pinel, chercheur au Centre d'études stratégiques aérospatiales de l'armée de l'Air et de l'Espace, spécialiste de la puissance aérienne russe ; - le colonel Yann Bourion, ancien pilote de chasse, aujourd'hui chez MBDA, le fabricant européen de missiles ; - Pierre Razoux, historien des conflits, directeur académique de la FMES. Émission enregistrée à Toulon, en marge des Rencontres stratégiques de la Méditerranée organisées par la FMES.

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