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S1E316: L'intelligence artificielle peut-elle dominer la Bourse encore longtemps ?

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GESTIONNAIRES EN ACTION. L'intelligence artificielle (IA) a grandement contribué aux rendements des marchés boursiers américains depuis 2023. Après bientôt quatre années de domination, est-ce que la tendance peut se maintenir? «Oui, absolument», répond d'emblée Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. Ce dernier estime même que l'on amorce une période beaucoup plus intéressante pour l'IA. «Selon moi, on pourrait diviser le développement de l’IA en deux grands chapitres. Le premier, c’était essentiellement de construire l’infrastructure. Mais maintenant, Wall Street va commencer à poser une question assez simple : qu’est-ce qu’on reçoit en retour ?», croit-il. C’est donc là que commence, à son avis, le deuxième chapitre de l’intelligence artificielle. «La question n’est plus : combien investissez-vous en intelligence artificielle? Elle devient: Combien gagnez-vous grâce à l’intelligence artificielle? », dit-il. Il ajoute qu'à un certain moment, tous les milliards investis dans les infrastructures doivent générer des résultats. «Les prochains grands gagnants de l’IA ne seront peut-être pas uniquement les entreprises qui fabriquent les puces ou construisent les centres de données. Ça pourrait être une banque, une compagnie d’assurance, une entreprise industrielle ou une société pharmaceutique. Bref, une entreprise qui réussit à utiliser l’intelligence artificielle mieux que ses concurrents pour améliorer sa rentabilité», raconte-t-il.

Ce que change l'agent Muse, de Meta Platforms Avec le lancement de l'agent intelligent Muse, annoncé au début du mois de septembre, Meta Platforms (META, 736,72 $US) commence à toucher à quelque chose de vraiment important, soutient Luc Girard. «Jusqu’à présent, on utilisait principalement l’intelligence artificielle pour obtenir de l’information. On lui posait une question et elle nous donnait une réponse. Avec les agents intelligents, on franchit une nouvelle étape. On ne demande plus simplement à l’IA de nous expliquer comment accomplir une tâche. On lui demande de l’accomplir à notre place», dit-il. Toutefois, ce n'est pas parce qu'un produit est extraordinaire technologiquement qu’il est automatiquement rentable. «Il faut regarder combien les consommateurs sont prêts à payer pour ces services, mais aussi combien il en coûte pour les fournir. Parce que si vous facturez 20 dollars par mois à un client, mais qu’il vous en coûte 30 dollars pour lui offrir le service, vous avez un problème!», explique-t-il.

Des titres en hausse, mais dont la valorisation recule? Luc Girard explique également que les titres technologiques, même en hausse, peuvent être moins chers qu'à la fin de 2025. «C’est un phénomène particulièrement intéressant. Il faut comprendre qu’en Bourse, le prix d’une action ne nous dit pas, à lui seul, si une entreprise est surévaluée ou non. Ce qui compte, c’est le prix qu’on paie par rapport aux bénéfices que la société génère», affirme-t-il. Par exemple, si le titre d'une entreprise passe de 200 $ à 220 $ mais que durant la même période, le bénéfice par action passe de 10 $ à 13 $, son ratio cours/bénéfice passera de 20 à 16,9. «Autrement dit, l’action a monté, mais elle est devenue moins chère par rapport à son bénéfice par action. C’est justement ce qui peut se produire lorsqu’on assiste à une croissance très importante des profits. Selon les prévisions compilées par FactSet et présentées par J.P. Morgan, la croissance des bénéfices des sept grands titres technologiques pourrait atteindre environ 59 % en 2026», précise Luc Girard. Il croit cependant qu'il ne faut pas conclure trop rapidement que toutes ces entreprises sont devenues des aubaines. «Une entreprise peut afficher une croissance impressionnante de ses profits tout en dépensant des sommes considérables pour construire ses infrastructures. C’est pourquoi j’accorde beaucoup d’importance aux flux de trésorerie disponibles. Parce qu’au bout du compte, les bén

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Oct 8, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. «Stephen A. Jarislowsky, c'est quelqu'un qui, avec Warren Buffett a été un modèle. Quelqu'un que j'admirais beaucoup», raconte François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. Réagissant au décès du célèbre investisseur à l’âge de 101 ans, François Rochon dit avoir quelques points en commun avec Stephen Jarislowsky. «Comme moi, il est devenu investisseur après avoir fait des études en génie. Nous partagions aussi une grande passion pour l’art», relate-t-il. François Rochon estime qu’il a eu une grande influence sur son approche du placement. «Il avait une approche à très long terme, il était patient, il voulait juste détenir des titres de grande qualité. Il était vraiment très inspirant», dit celui qui a eu l’occasion de visiter la collection d’œuvres d’art personnelle du milliardaire, dont la fortune est estimée à 3,9 milliards de dollars américains par Forbes. Le président de Giverny Capital ajoute de plus qu’il était généreux et d’une grande gentillesse.

Oct 1, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. Un important élément à surveiller d'ici la fin de l'année en Bourse est le probable premier appel public à l’épargne d'Anthropic aux États-Unis. La société est derrière l'agent conversationnel Claude. L’agence de presse Reuters a révélé cette semaine avoir obtenu une copie du prospectus de l'entreprise qui dit qu’Anthropic cible une valorisation de 2 000 milliards de dollars américains (G$US). Tout ça malgré des pertes de 8 G$US en 2025. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, concède qu’il s’agit d’un nouvelle importante. «Pour le moment, on parle d’une entrée en Bourse après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Il faut comprendre qu’Anthropic est quand même une société assez jeune», dit-il. Selon lui les documents qui parlent d’une perte de plus de 40 G$US l’an dernier incluent des éléments comptables que l’on peut écarter des calculs. «Ce qui est vraiment important, ce sont les pertes liées aux opérations. De plus, si on se reporte uniquement au second trimestre de 2026, on ne parlerait plus d’une perte, mais bien d’un bénéfice d’exploitation», raconte-t-il. Ce dernier souligne également la forte progression des revenus de la société. «On parle d'environ 4,5 G$US de revenus l'année dernière. Or, pour le seul second trimestre de 2026, Anthropic aurait généré des revenus de 11,6 G$US. Sur une base annuelle, on parle de plus de 45 G$US de revenus pour l’entreprise cette année. C’est une croissance exponentielle», affirme-t-il. Des risques qui font sourciller La direction a aussi dressé une liste exhaustive de tous les risques liés au développement de ses agents d’intelligence artificielle qui a de quoi faire sourciller même les plus enthousiastes. On peut, entre autres, citer des «risques catastrophiques et existentiels pour l'humanité». On dit aussi que l'intelligence artificielle pourrait résister à une éventuelle tentative de la débrancher. Faut-il en prendre et en laisser? «Je pense que oui. Ce n’est pas anormal de voir des listes de risques exhaustives lorsqu'une entreprise fait son entrée en Bourse. Ce qui est peut-être exceptionnel, c'est la nature des risques. C'est rare qu'on va voir un risque existentiel pour l'humanité ou même lire que des systèmes pourraient refuser d’être mis hors service. Toutefois, le risque le plus important est qu’Anthropic s’est engagée à dépenser 500G$US de capacité pour les grands exploitants de centres de données», explique Marc L’Écuyer. Ce dernier souligne que 80% de ce montant est garanti. «La société devra débourser pour la capacité de traitement des centres de données, même si la demande n'est pas là. C'est un risque qui pourrait se matérialiser si la croissance exceptionnelle qu'on a constatée dans les deux dernières années venait à ralentir», estime-t-il.

Sep 24, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. On a beau aimer Warren Buffett, reste qu'à 96 ans, son départ pourrait générer un vent de fraîcheur chez Berkshire Hathaway, estime Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. Le 18 septembre dernier, Berkshire Hathaway publiait un communiqué dans lequel elle confirmait que le légendaire investisseur, qui a célébré son 96e anniversaire le 30 août, quittait son poste de président du conseil d’administration «avec effet immédiat» pour devenir « président émérite ». Il sera remplacé par son fils, Howard G. Buffett, conformément au plan de succession établi de longue date. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, rappelle que le retrait de Warren Buffett s’est fait très progressivement. «La transition a tellement été bien planifiée que l’équipe de direction devrait garder une stratégie similaire à ce qui prévalait lorsqu’il était PDG», estime-t-il. «Il va peut-être y avoir de légères déviations artistiques avec la nouvelle équipe en place, mais la méthode, l'éthique et surtout la culture d'entreprise resteront inchangées», dit-il. Selon lui, les investisseurs ne devraient pas vendre les actions de Berkshire Hathaway (BRK.B, 505,18$US) parce que le milliardaire se retrouve dans un rôle beaucoup moins important au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir. «Berkshire Hathaway aujourd'hui, c'est l'équivalent d'un gros portefeuille diversifié. Ça ressemble un petit peu à un fonds commun combiné à une compagnie d'assurance. Ce qui fait la force de Berkshire, c'est le fait que c'est une compagnie d'assurance qui a possède des actions et des liquidités pour payer les assurés en cas de sinistres, alors que d’autres préfèrent détenir des titres obligataires», raconte-t-il.

Sep 17, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. Les gouverneurs de la Réserve fédérale américaine ont voté à l'unanimité, le 16 septembre, en faveur d'un relèvement d'un quart de point du taux directeur, pour le porter entre 3,75 et 4 %. Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD, soutient que les dirigeants de la Fed avaient plusieurs raisons d’agir. «D'abord, l'économie américaine demeure solide. Les dernières données sur l'emploi ont été meilleures que prévu. De façon générale, l'économie continue de bien résister. Ça a permis à la Fed de resserrer sa politique monétaire, puisque l'inflation demeure trop élevée. Les données des derniers mois n'ont pas vraiment démontré de signe d'amélioration», dit-elle. La Fed prévoit à présent une inflation à 3,7% à la fin de 2026, encore loin de sa cible de 2%. «Il faut aussi ajouter toute l'incertitude géopolitique à ça. La guerre en Iran se poursuit et continue de faire monter le prix du baril de pétrole, ce qui vient évidemment ajouter aux pressions inflationnistes», résume-t-elle.

Sep 10, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. Entre tarifs, contre-tarifs et conflit dans le détroit d’Ormuz, les indices boursiers nord-américains se tirent particulièrement bien d’affaire. Sébastien Mc Mahon, économiste en chef à iA Groupe financier, soutient que la bonne performance des marchés boursiers s’est amorcée bien avant le « jour de la Libération » du 2 avril 2025, quand le président américain Donald Trump avait annoncé des barrières tarifaires avec le reste du monde. «Ça fait plus qu'un an et demi que la Bourse fait bien. C'est depuis la fin 2022 qu'on a des rendements qui sont assez exceptionnels pour une période de crise. Il y a eu, bien sûr, les banques centrales qui, avaient resserré la politique monétaire de façon massive et qui, depuis, ont, abaissé les taux. C'est venu donner un bon vent de dos à l'économie mondiale», explique-t-il. Selon lui, la croissance des bénéfices des entreprises est aussi poussée par plusieurs facteurs, comme la hausse des dépenses en infrastructures et en défense, de même que par la montée de l'intelligence artificielle. «On ne voit donc pas de risque imminent d'une chute des cours malgré tout ce qu'on peut entendre dans les nouvelles», dit-il. Sébastien Mc Mahon note que le dollar canadien, cette semaine, n'a pas vraiment reculé même si le Canada est pris dans une tourmente tarifaire avec les États-Unis. «Après ça, pour nos actions canadiennes, bien, l'économie se montre très résiliente et puis les marchés boursiers, ce n’est pas l'économie. Sur les marchés canadiens, les attentes de croissance des bénéfices sont élevées pour les ressources naturelles, dont les métaux, et l’énergie», explique-t-il. Il ajoute que tous ces facteurs militent encore vers une Bourse compétitive. «On pense que le marché canadien pourrait continuer de « surperformer » celui des États-Unis pendant un petit bout de temps, comme ce fut le cas en 2025 et comme on le voit depuis le début 2026», affirme-t-il.

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