
Le possible minage du détroit d'Ormuz met le trafic maritime international sous pression
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Le spectre d'un minage par l'Iran des eaux du Golfe et du détroit d'Ormuz, met sous pression la communauté internationale. Le régime de Téhéran peut-il rapidement mettre ses menaces à exécution ? Le détroit d'Ormuz, s'étire sur un peu plus de 200 kilomètres pour une largeur qui n’excède pas 50 kilomètres à certains endroits, les Iraniens n'auront donc aucune difficulté pour y disposer massivement des mines ! Et ce d’autant qu’on estime à 5 000 ou 6 000 le stock potentiel iranien de mines navales, rappelle le contre-amiral Éric Lavault ex plongeur démineur au sein de la Marine nationale, « Ils ont un panel assez complet de capacités de mines. Les mines de fond qui reposent sur le fond et qui fonctionnent à l'influence, donc avec une intelligence embarquée, soit avec un stimuli magnétique, soit sonore par le bruit que rayonnent les navires de surface. Le deuxième, c'est ce qu'on appelle les mines à Orin, c'est-à-dire que les mines qui sont reliées au fond par une chaîne et qui flottent entre deux eaux. Il y a une dernière menace, qui est plus une menace asymétrique, mais pour laquelle les Iraniens ont un savoir-faire, une expertise particulièrement pointue, c'est la faculté de pouvoir coller sur les coques ce qu'on appelle des Limpet mines, c'est-à-dire des mines ventouses, des mines qui collent en les mettant en place avec des embarcations rapides, discrètement dans le sillage des bateaux ». Une telle stratégie de verrouillage du détroit d’Ormuz a déjà été utilisée par l’Iran dans son conflit avec l’Irak en 1980, et Téhéran indique Éric Lavault dispose de toute une variété de navires capables de mouiller des mines, « Jusqu'à il y a quinze jours, de source compétente, il n'y avait pas de minage. Il se peut effectivement que depuis des mines de fond aient été posées. Ces mines à influences peuvent être mouillées depuis n'importe quel porteur. Durant la guerre Iran-Irak, ils avaient transformé des chalutiers en mouilleurs de mines. Les fonds du détroit d'Ormuz s'y prêtent parfaitement puisqu'il y a entre cinquante et une petite centaine de mètres de profondeur. C'est une menace crédible ». Quels moyens pour déminer le détroit d’Ormuz ? Pour nettoyer le détroit d’Ormuz, il y a peu de moyens disponibles. Les États-Unis ont retiré du service il y a quelques semaines leurs quatre chasseurs de mines Avenger basés à Bahreïn, reste les marines françaises, belges et néerlandaises qui excellent dans la guerre des mines, mais ce sera nécessairement une opération longue et complexe, un travail méthodique souligne le contre-amiral Lavault, « Le chasseur de mines est un bateau dont la coque est amagnétique et dont la signature acoustique est très faible. Ce navire va pénétrer dans le champ de mines et il mettra en œuvre ses robots téléopérés ou ses plongeurs-démineurs pour effectuer les opérations de déminage. Les opérations de déminage vont d'abord consister à pouvoir dégager des corridors d'accès, des autoroutes en fait, pour permettre au trafic maritime de reprendre. Ça peut être assez rapide. Après, qu'il reste des mines en dehors de ces autoroutes maritimes, ce sera traité dans un deuxième temps. En attendant il ne faudra pas trop s'éloigner du rail ». Après la guerre du Golfe en 1991, il avait fallu deux ans d’opérations intensives pour déclarer la zone libre de mines. Les nouveaux moyens reposant sur des drones ne sont pas encore opérationnels et si la France a fait savoir qu’elle était prête à prendre la tête d’une coalition navale pour sécuriser le détroit d’Ormuz, c’est à la condition qu’il n’y ait plus de combats. Raison pour laquelle l’hypothèse d’un minage du détroit est un véritable cauchemar pour le trafic maritime. À écouter aussiLes détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ?
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Dans un discours très attendu, le commandant suprême de l'Alliance Atlantique, Alexus Grynkewich, a présenté lundi 12 octobre sa « théorie de la victoire » sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d'attaque. Le général américain a toutefois souligné que, même si aucun conflit n'était imminent, les alliés devaient fixer des lignes rouges à l'égard des manœuvres de Moscou en Europe. Le ton était martial, et le commandant suprême de l'Alliance atlantique, Alexus Grynkewich, n'a pas fait dans la demi-mesure pour annoncer au compétiteur russe qu'il n'était pas opportun de venir provoquer militairement l'Otan. « Nous briserons leur système de combat, a-t-il déclaré. Cela visera non seulement les forces d'attaque elles-mêmes, mais aussi tout ce qui soutient et permet leurs opérations. Nous combinerons nos armes de précision et les munitions de masse. Nous exercerons une pression constante et implacable, sur terre, dans les airs, dans l'espace et dans le cyberespace. Nous détruirons l'ennemi et nous vaincrons : les formations adverses seront privées de ravitaillement, les commandants ennemis perdront le contrôle de leurs troupes, et les capacités de combat ainsi que les moyens de soutien de l'ennemi seront réduits à néant. » Puis, le Saceur (acronyme de Supreme Allied Commander Europe, soit Commandant suprême des forces alliées en Europe) a tenu à temporiser l'état de la menace : « Un conflit n'est pas imminent. » Et de rappeler que l'Otan est une alliance défensive. Pour Jonathan Guiffard, chercheur associé à l'Institut français de Géopolitique, ce discours a valeur de signalement : « Ce que je retiens du discours, c'est que le général Grynkewich a très bien rappelé que l'Otan est une alliance défensive. Et donc, sa posture martiale doit être comprise comme une mesure de dissuasion. C'est plutôt une mesure de crédibilité. Ce discours vise à expliquer que l'Otan est prête, et que si la Russie devait envisager une attaque contre un membre, une attaque militaire conventionnelle, l'Otan serait en mesure de réagir dès à présent. C'est l'idée de montrer la détermination de l'Alliance face à l'augmentation pour le coup de l'agression venant de la Russie. » Le général Alexus Grunkewich appelle à fixer des lignes rouges. Interrogé sur ces attaques « hybrides », le général américain a expliqué qu'il était crucial que les pays membres de l'Alliance disent à la Russie, dans un message « clair et concis », où sont situées les limites à ne pas franchir. Les Européens ont néanmoins du mal à trouver la parade aux actes de sabotage russes sur leur sol, pointe Jonathan Guiffard : « C'est en fait un peu le problème du moment. On l'a vu à la rentrée en septembre, notamment quand l'Élysée avait convoqué les différents chefs de partis politiques en France pour précisément parler de ce sujet. La Russie est en train d'augmenter, d'accroître l'intensité de sa stratégie à l'égard de l'Europe, sa stratégie d'agression. Le commandant de l'Otan a parlé aussi de stratégie hybride. À mes yeux, il s'agit plutôt de guerre politique. La Russie, depuis maintenant près de 15 ans, est dans une logique de guerre politique à l'égard de l'Europe, c'est-à-dire qu'elle mène non seulement des agressions limitées, qu'on pourrait qualifier d'hybrides sur le plan militaire, des attaques de drones ponctuelles, des cyberattaques, de la désinformation, des coupures de câbles sous-marins par exemple... Mais en vérité, l'ensemble de ces attaques, de ces agressions, constitue plutôt une guerre politique, c'est-à-dire une tentative de subvertir politiquement l'Europe. » « Dans ce cadre-là, l'Europe a du mal à prendre conscience de l'enjeu stratégique. Elle voit bien qu'elle subit des cyberattaques, elle voit bien qu'elle subit de la désinformation, mais elle y apporte une réponse très technique. Comment mieux se protéger sur le plan cyber ? Comment mieux se protéger sur les réseaux sociaux ? Néanmoins, elle n'apporte pas vraiment une réponse politique. Elle ne change p
Les frappes russes précipitent Kiev en mode « survie » avant l'hiver, indique le maire de la capitale ukrainienne, alors que les bombardements russes s'intensifient sur la ville. Tandis que la ligne de front reste pour l'essentiel figée, Moscou accentue ses frappes de longue portée contre Kiev, recourant notamment à des missiles balistiques et à des drones à réaction difficiles à intercepter : des Géran-5 qui fragilisent la défense ukrainienne. « La principale menace s'appelle Geran 5 et vole à 6 000 mètres d'altitude à plus de 600 kilomètres/heure », s'est alarmé cette semaine le général Jérôme Bellanger, chef d'état-major de l'armée de l'air française. Initialement, les Geran étaient les copies des drones Shahed fournis par l'Iran. Ils fonctionnaient avec des moteurs à pistons, ils n'étaient pas très rapides et ils étaient interceptés à plus de 90 %. L'armée de Russie, par conséquent, a ensuite doté le Geran-4 d'un turbopropulseur, doublant ainsi sa vitesse. Mais là encore, sa trajectoire restait prévisible. Depuis cet été est apparu le Geran-5, et cette dernière version donne du fil à retordre aux Ukrainiens, souligne Vincent Touré, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI) : « Le Geran-5 bénéficie de la turbopropulsion, donc il va déjà très vite et à très haute altitude. Ce n'est même plus vraiment un drone. Honnêtement, on arrive à un missile de croisière en bonne et due forme et qui est piloté. Ça crée un appareil qui est rapide, qui n'est pas trop cher, vraiment précis et beaucoup plus agile pour détruire des cibles dans l'arrière de l'Ukraine. Et c'est un problème qui va s'accentuer. » Des drones plus précis Le Geran-5, on le résume souvent à sa vitesse, insiste Thibault Bonneville, patron de SBG-Systems, spécialiste français de la navigation inertielle pour drones, mais « il y a d'autres paramètres. Il y a beaucoup de composants critiques à l'intérieur de ce Geran qui ont évolué dans le temps. La vitesse est un facteur, mais c'est la capacité de naviguer sans GPS qui est aussi largement améliorée. Ça lui permet d'être beaucoup moins brouillé par les systèmes ukrainiens. » « Sa vitesse accrue fait que le temps de réaction pour le détecter avant de l'intercepter est extrêmement réduit. On voit que les Ukrainiens, qui sont toujours très imaginatifs et très pratico-pratiques, ont développé des tourelles avec des mitrailleuses basées sur l'IA pour les identifier et les intercepter plus rapidement », poursuit-il. Une défense ukrainienne saturée par les drones Geran Depuis janvier, l'armée russe a tiré 50 000 drones de bombardement. C'est déjà plus que pour toute l'année 2025, résume l'expert aéronautique Xavier Tytelman : « Les Russes ont réussi à industrialiser cette production, c'est-à-dire qu'ils ne vont plus avoir quelques moteurs à réaction de temps en temps. Désormais, c'est une centaine de drones à réaction qui est tirée chaque jour. Et évidemment, les Ukrainiens ont un taux d'interception qui est relativement plus faible puisque seulement 60% des vecteurs sont interceptés. C'est la masse qui fait la différence, c'est la capacité des Russes à en lancer des centaines en même temps qui fait que les défenses sont simplement submergées. » L'industrie de guerre du Kremlin s'est muée en un rouleau compresseur. Les usines tournent à plein régime, précise Vincent Tourret : « Il y a encore un an, il y avait 4 000 Geran qui étaient produits chaque mois. Aujourd'hui, on est à plus de 6 000. Même chose pour l'arsenal de missiles : aujourd'hui, on est à plus de 800 têtes produites par an, avec des vecteurs qui sont plus performants, certains qui sont devenus beaucoup moins chers. » « Cela permet aux Russes de frapper plus fort, poursuit l'expert, mais ça leur permet aussi d'étendre la palette des cibles, soit parce qu'avant, ils n'avaient pas assez de ressources pour frapper, soit parce que ces cibles étaient trop petites ou trop agiles pour être visées convenablement. » Et les ponts de Kiev
La puissance militaire est de plus en plus de nature numérique. Avec le projet Arcadia, les armées françaises veulent échapper à la domination américaine sur les réseaux de l'Otan, elles ont donc développé un système de fusion de données qui a été présenté cette semaine. C'est au cœur de la forteresse militaire du Mont-Valérien, à l'ouest de Paris, qu'est née Arcadia, une infrastructure numérique de commandement et de contrôle destinée à fusionner le renseignement avec cette interface. La data est au cœur de l'action militaire, indique Jean-Baptiste Paing, ingénieur général de l'armement en charge du programme. « C'est une des grandes choses que l'on veut faire avec Arcadia, qui est, au-delà de donner la capacité de commandement pour des états-majors de conduire des opérations, aussi de former une espèce de socle numérique que l'on veut déployer le plus possible dans tous nos programmes de capacité, détaille-t-il, et que l'on pourra embarquer dans des véhicules, dans des bateaux pour que l'on partage un socle commun et que l'échange de données soit plus simple qu'auparavant. » Décloisonner la data Décloisonner les renseignements détenus par la Marine, l'armée de l'air, l'armée de terre, fusionner ces renseignements avec ceux obtenus par la multitude de capteurs qui irriguent les forces, le projet Arcadia s'inspire du système Delta développé par les Ukrainiens et qui leur offre une compréhension du terrain en temps réel. Arcadia va permettre de rendre fluide la connectivité du champ de bataille et va surtout offrir la possibilité d'accélérer le ciblage, souligne l'amiral Frédéric Décup, qui fait partie de la task force de ce projet. « Oui, le ciblage en fait partie, comme tous les autres modules, on aura dessus de la situation tactique, de la situation opérative. Et le ciblage est un module parmi d'autres. Comme il y aura aussi des modules de renseignement, des modules de guerre de champ électromagnétique et de situation tactique, explique-t-il. Avant, on travaillait avec des réseaux très ségrégués, très cloisonnés, et le passage de l'information d'un réseau à l'autre était très complexe. Aujourd'hui, le fait d'avoir introduit cette IA, la data-centrée, et cette capacité à exploiter et améliorer la data, c'est ça le grand gain en fait. » À lire aussiComment l'IA permet à l'armée de l'Air et de l'Espace d'accélérer le tempo de ses opérations Zero Trust Décider mieux, plus vite que l'ennemi et surtout rester souverain. Arcadia se veut une alternative au système Maven de l'Américain Palantir, choisi par l'Alliance atlantique pour les cinq prochaines années. Dans un contexte interalliés, les promoteurs d'Arcadia jouent donc la carte de l'interopérabilité, une interopérabilité conçue sur le principe du Zero Trust, c'est-à-dire d'une sécurité renforcée. Les utilisateurs, pointe Jean-Baptiste Paing, n'auront accès qu'aux données qui les concernent : « C'est tous les enjeux de ce qu'on appelle la data-centric security, c'est-à-dire qu'on cherche à relier les différents constituants, soit des systèmes d'armes, des data centers, des centres de données, qu'on essaie de les relier entre eux au maximum pour pouvoir s'échanger les données de façon plus fluide, de mettre ça sur un même réseau pour éviter ce que l'on pouvait connaître par le passé, c'est-à-dire que pour passer d'un système à l'autre, d'un réseau à l'autre, il fallait faire des extractions de disques durs, des échanges de données par clé USB. Donc tout ça fait perdre beaucoup de temps, pointe-t-il. On essaie de mettre ça un peu à plat sur des mêmes réseaux pour aller plus vite. Ce qu'on recherche là-dedans, c'est la capacité à traiter la donnée plus vite que l'autre, plus vite que l'adversaire. Mais effectivement, ça pose des questions de sécurité. Ces ruptures avant, c'était souvent des standards de sécurité. Donc là, tout l'enjeu, c'est de développer un peu ces nouvelles technologies qui permettent de gérer en fonction du besoin de connaître de la personne qui va se co
Jeudi 24 septembre, lors de son interview télévisée, Emmanuel Macron a déclaré que la France allait envoyer des moyens militaires en Arabie saoudite dans un contexte de regain des hostilités entre Riyad et les Houthis. Paris va donc envoyer des soldats pour protéger le port de Yanbu, sur la mer Rouge, infrastructure cruciale pour les exportations d'hydrocarbures. Et tous les regards se tournent vers Djibouti, principal point militaire français dans la région. Djibouti, son port à proximité immédiate du détroit de Bab el-Mandeb. Djibouti, au cœur du chaudron moyen-oriental. Par conséquent, tout le monde veut y être, pointe Vincent Groizeleau, rédacteur en chef du magazine de référence Mer et Marine : « Alors oui, effectivement, Djibouti, c'est devenu un lieu extrêmement prisé. Les Français y sont historiquement, les Américains depuis longtemps, les Chinois également maintenant avec une base navale et donc beaucoup de pays puissants veulent avoir un point d'appui à Djibouti. Parce que Djibouti a une géographie qui le rend stratégique, la ville et son port sont situés à proximité immédiate de la mer Rouge, de l'océan Indien et près du golfe Arabo-persique. Donc, là où il y a un nœud de communication majeur sur les flux maritimes internationaux. Le gros avantage de Djibouti, par exemple par rapport à Abu Dhabi, où la France a une base navale depuis 2009, c'est que c'est en pleine mer, l'accès n'est pas entravé comme c'est le cas aujourd'hui avec Ormuz, ce qui fait que de facto, la base d'Abou Dhabi, et bien on ne peut pas l'utiliser parce que le Golfe lui-même s'est transformé en souricière. » La Marine nationale déploie désormais deux frégates en mer Rouge. Djibouti sert bien sûr de point d'appui, notamment logistique, au navire militaire. Mais à Djibouti, la France engage également son aviation. Elle est même en première ligne dans la région, rappelle l'expert aéronautique Jean-Marc Tanguy, d'Air et Cosmos : « Les missiles dont sont dotés les Houthis peuvent parfaitement frapper Djibouti, voire même au-delà. Après, on peut dire que le feu attire le feu. Et quelque part, le fait que des moyens militaires jugés adversaires des Houthis soient présents à Djibouti, ça pourrait contribuer à amener sur ces moyens militaires des tirs. Et d'ailleurs des drones houthis ont déjà été interceptés pas très loin de Djibouti, notamment par des chasseurs Mirage 2000 de l'Armée de l'Air. Il faut aussi noter que très prochainement, les Mirage 2000-5 qui seront retirés du service de l'armée de l'air à Djibouti seront remplacés par des Rafale. Donc là, ça vous donne un peu une idée de la mesure des priorités de la France dans cette zone qui est d'envoyer un matériel ultramoderne. » À lire aussiFace à la crise des carburants, Emmanuel Macron annonce l’envoi de moyens militaires en Arabie saoudite Le conflit entre Riyad et les Houthis pourrait-il déborder jusqu'à Djibouti ? Le risque est réel et pour l'écarter, Paris prend bien soin de préciser que son action auprès de l'Arabie saoudite est purement défensive. « Évidemment, Djibouti est un pays souverain avec des bases étrangères et donc toute la difficulté de ses implantations et de ses points d'appui à l'étranger, c'est de faire une convergence entre les intérêts stratégiques des uns et des autres », souligne Vincent Groizeleau. Et d'ajouter : « Pour faire clair, Djibouti ne va pas prendre le risque de se faire bombarder parce qu'un des pays ayant des bases sur son sol a décidé de faire la guerre à un tel ou un tel. Si jamais les événements s'emballaient, si jamais il commençait à y avoir des tensions de plus en plus vives avec les Houthis (qui maintenant contrôlent de facto le détroit de Bab el-Mandeb), si Djibouti commence à se faire bombarder, est-ce que les Djiboutiens vont continuer à accepter que les pays qui sont présents sur leur sol interviennent à partir de leurs bases ? Ça, c'est une vraie question. » À Paris, des militaires de haut rang précisent que chacun dans la région a son ag
En Lituanie, l'exercice militaire multinational Strong Griffin a pris fin dimanche 20 septembre. Et pour la première fois l'armée française a participé avec ses canons Caesar à cette manœuvre. L'objectif : développer l'interopérabilité avec l'artillerie lituanienne. Avec 48 canons Caesar commandés, l'armée lituanienne muscle sa défense et le montre. À lire aussiDes avions de chasse de l’Otan abattent un drone volant au-dessus de la Lituanie