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Un constat préoccupant émerge : notre expérience de la nature s'amenuise. Cette perte de sensibilité s’accompagne, trop souvent, d’une indifférence face à la dégradation, de plus en plus rapide, de notre écosystème.Face à cette déconnexion croissante, le design a-t-il un rôle à jouer ? Peut-il apporter un nouveau regard et des solutions durables en utilisant la bio-inspiration ? Dans les années 70, Victor Papanek écrivait : « Le livre de la nature n’est pas et ne sera jamais dépassé ». À travers le concept scientifique de Bionique, il analyse comment le design peut et doit s’inspirer de la nature. Pour lui, l’enjeu est triple : Proposer des solutions écologiques ET durables ; Concevoir frugalement en s’inspirant de modèles existants dans la nature ; Et, sortir d’une vision « romantique » de la nature, consistant à chercher le « paradis originel » dans nos représentations culturelles de cette dernière.
Il y fait également le constat que « l’extension de la technologie […] coupe l’humanité de tout contact direct avec son environnement biologique ». Le design bio-inspiré, en s'inspirant du vivant à différentes échelles, offre une voie pour repenser les manières de concevoir et de vivre. Il ne s'agit plus de piller la nature pour en reproduire les formes, mais de s’inspirer des mécanismes du vivant pour résoudre des problèmes de plus en plus complexes. Dans cet épisode, nous abordons ces questions avec nos invité•es : Guillian Graves, designer et directeur de l'agence Big Bang Project Virginie Blanville, designeuse systémique, formée à l'éco-conception et au biomimétisme. Responsable pédagogique du Master Design et monde vivant à l'Institut supérieur de design de Saint-Malo
Au sommaire de cet épisode Chapitre 1: nos invité•es définissent pratiques et enjeux du design pour mieux intégrer le vivant. Chapitre 2: ce chapitre permet de comprendre comment s’inspirer du vivant avec le design bio-inspiré. Chapitre 3: nous interrogeons les responsabilités de ceux et celles qui pratiquent le design afin de redéfinir la posture nécessaire au bon design.
Cet épisode a été réalisé par Anaïs Texier, Marie Grataloup et Anthony Adam. Les voix off sont de Zoé Pasquier.
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Depuis quelques années, les métiers du design traversent une zone de turbulence. L’arrivée massive de l’intelligence artificielle, la pression croissante sur la rentabilité des produits numériques et la difficulté à faire reconnaître la valeur du design dans les organisations ont profondément transformé les conditions de travail.Beaucoup de designers et designeuses expriment aujourd’hui un malaise diffus. Une fatigue. Parfois même une crise de sens. Et si cette crise révélait quelque chose de plus profond ? Et si nous étions, nous aussi, pris dans un modèle qui nous rend plus performants… mais moins robustes ? Pour explorer cette question, nous avons croisé trois regards : Olivier Hamant, biologiste et directeur de l’Institut Michel Serres Audrey Coudrin, designeuse et fondatrice du collectif territorial MARÉES Chloë Breuillé, UX designeuse et cofondatrice de l’écolieu la Ferme des Coudreaux
Enfant de l’industrialisation et de la standardisation au 19ème siecle, le Design a été longtemps opposé à l’artisanat. A ce dernier, le privilège de la création unique, tandis que la génération d’objets standardisés, répondant aux besoins du plus grand nombre, reviendrait aux designers et designeuses. D’un côté la pièce unique, de l’autre la série. Mais à l’heure de la recherche d’un monde plus sobre, moins extractiviste, de plus en plus de designers et designeuses remettent en question la standardisation et s’interrogent sur des façons de mieux produire. Parmi ces pistes, l’hypothèse du réemploi. Si elle parait séduisante, cette hypothèse soulève de nombreuses questions. Comment bien recréer avec de l’existant ? Selon quel modèle économique ? Le réemploi peut-il permettre de produire des objets plus durables et ainsi combattre l’obsolescence programmée ? Dans cet épisode, nous avons choisi d’explorer les relations entre le design et le réemploi, avec comme témoins : Coline Laurent, Chargée de déploiement et spécialiste de la seconde main. Mathieu Grosche, designer exploreur. Raphael Roig, concepteur de formations.
En 2025, en France, une personne sur quatre vit la solitude. La Fondation de France parle d’une « épidémie ». En 2023, l’Organisation mondiale de la santé l’a décrite comme une menace urgente pour la santé publique.Face à ce constat, la reconstruction du lien social devient une priorité. Certains territoires cherchent même à se transformer en « fabriques de bonheur ». Dans ce contexte, le design du soin et de la solidarité occupe une place singulière.Il interroge notre responsabilité collective et publique. Il s’inscrit aussi dans une longue histoire politique : dès 1793, la constitution évoquait déjà le « bonheur commun » comme but fondamental de la société. Le rôle du design est, ici, de favoriser le partage des responsabilités sociales. Prendre soin du collectif, c’est reconnaître que chacun et chacune est à la fois responsable de soi et de la situation d’autrui. C’est aussi repenser les espaces et les rôles qui structurent notre quotidien.Certains designers et designeuses adoptent une posture militante. Ils et elles explorent la manière dont le soin peut se traduire dans la convivialité, la solidarité, ou la gestion des communs. Dans l’épisode précédent, nous avons montré comment le soin pouvait redéfinir les pratiques de solidarité et de santé. Dans cet épisode, nous suivons 4 designeuses et designers qui imaginent de nouveaux modes de gouvernance et cherchent à prendre soin, par le collectif. Alors, à partir de quand le design devient-il un enjeu de solidarité et de responsabilité publique ? Nos invitées pour cet épisode : Clément Rémy, designer indépendant et designer de politiques publiques, installé entre la Drôme et l’Isère. Il s’engage localement dans des collectifs autour de la démocratie alimentaire, des tiers-lieux et de la justice sociale en milieu rural. Anne Régnault, designeuse de service spécialisée en innovation sociale au sein des ateliers RTT. Marcela Mussi, igénieure de formation et philosophe. Co-fondatrice du collectif Issues. Antoine Fenoglio, cofondateur et ex-dirigeant des Sismo. Co-fondateur du collectif Issues.
Dans un monde où les vulnérabilités se multiplient et où les systèmes d’écoute, de justice sociale et de réparation peinent à garantir un accès équitable aux besoins fondamentaux, il est temps de repenser notre rapport du soin.Le design se révèle dès lors comme une démarche de transformation profonde, révelant et proposant de réparer les dysfonctionnements de nos environnements et de nos interactions. Le concept de "prendre soin" nous invite à reconnaître notre interdépendance fondamentale et notre responsabilité collective face à la vulnérabilité universelle : les handicaps, l’exclusion, les maladies, l’isolement et l’injustice. De quoi parlons-nous, réellement, lorsque nous établissons que quelque chose ou qu’une personne “prend soin” ? Pouvons-nous parler de santé, de soin ou de solidarité ?Quels rôles peut jouer le design dans cette responsabilité ? Nos invitées pour cet épisode : Clémence Montagne, directrice du Care Design Lab de l'école de design Nantes-Atlantique. Justine Coubard-Millot, directrice du laboratoire de l'accueil et de l'hospitalité (Le Lab-Ah) du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences Anne Régnault, designeuse de service spécialisée en innovation sociale au sein des ateliers RTT.
Le design numérique est-il condamné à servir des intérêts privés ? Et si une autre voie était possible, une voie orientée vers le bien commun ? Dans nos 2 derniers épisodes, nous avons exploré les liens entre design et droit. D’abord en interrogeant le rôle du design dans la construction d’objets juridiques. Puis, en enquêtant pour comprendre les relations entre les pratiques du design et le respect de la vie privée. Une conviction s’en dégage : aujourd’hui, le design numérique s’exerce le plus souvent au service d’intérêts économiques privés, parfois au détriment de l’intérêt général. Alors, comment penser un numérique d’intérêt général ? Et surtout, quel rôle le design peut-il y jouer ?