
Show Notes
Cet épisode bonus est une conversation enregistrée au Paris Podcast Festival, qui a eu lieu en octobre 2021. Elle a été animée par Noémie Gmür, qui est podcasteuse et autrice de la bible L’art du podcast. La salle était pleine à craquer et c’était la JOIE de rencontrer en vrai les personnes qui écoutent Vénus. On a parlé des coulisses du podcast, de comment Vénus s’épilait-elle la chatte a vu le jour, du syndrome d’imposture, d’éducation et de responsabilités, du monde du travail, de comment on crée sans être rentier·ère, de classisme, de l’épisode sur Picasso dont j’étais loin de soupçonner toutes les répercussions, et des épisodes à venir 🔥
Mille mercis à toutes les personnes qui étaient là, et merci à vous d’être là, Vénus n’existerait pas sans les personnes qui l’écoutent 💜
Vénus est sur Instagram, Patreon et Facebook
La transcription de cet épisode est disponible sur venuslepodcast.com
ŒUVRES CITÉES Ernst Ludwig Kirchner, L'école de danse, 1914, Munich, Pinacothèque des Modernes, Le Bernin, L’enlèvement de Proserpine, 1621-22, Rome, Galerie Borghèse Le podcast de Diahala : 2400 Le podcast de Léane : Mécréantes
CRÉDITS Julie Beauzac Illustration : Anna Wanda Gogusey © Tous droits réservés
Musique Kumbia Queers, Chica de calendario, 2007 © 2015 Horario Invertido
Générique Kumbia Queers, Chica de calendario, 2007 © 2015 Horario Invertido Une Vie, une œuvre : Edvard Munch (1863-1944) Luc Ponette, Isabelle Yhuel © 2005 France Culture Les 3 frères, Didier Bourdon, Bernard Campan © 1995, Pathé Renn Production, Prima Films, Canal+, Productions Paul et Alexandre Lederman, TF1 Films Productions Stupéfiant ! Picasso en héritage, France 2, Léa Salamé, Nicolas Druet, Benoît Lelong © 2017 Laurent Bon, Bangumi Orsay en mouvements, L’orientalisme, Catherine Sauvat, Nicolas Thépot, © 2019 Camera Lucida Matisse Picasso, la couleur et le dessin, Jarmila Buzkova © 2013 BCF Productions Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Cet épisode bonus est un enregistrement de la rencontre qui s’est tenue le 25 septembre dernier à l’hôtel de ville de Bruxelles, juste après l’écoute publique en avant-première du dernier épisode de Vénus, Esthétiser les femmes mortes. Cette rencontre a été animée par Camille Loiseau, avec qui on a parlé notamment du processus de fabrication des épisodes, de l’usage parfois délicat de l’humour, de colère féministe, et de ce que ça implique de faire un podcast indépendant.
Tantôt érotisées, idéalisées ou sanctifiées, tantôt démembrées ou torturées, souvent dénudées et toujours muettes, les femmes mortes sont omniprésentes dans l’art occidental. Que ce soit dans la littérature, les beaux-arts ou le cinéma, elles sont si nombreuses qu’on en vient à trouver ces images normales, sans se demander d’où elles viennent et ce qu’elles véhiculent. Avec Elisabeth Bronfen, autrice de Over Her Dead Body: Death, Femininity and the Aesthetic, cet épisode s’interroge sur l’ampleur de l’esthétisation des mortes, notamment à travers la fascination pour les belles mortes, les liens entre art et médecine, l’héritage de la culture chrétienne, l’instrumentalisation des féminicides au nom de l’art, les stéréotypes misogynes que ces œuvres alimentent, et ce qu’elles disent des sociétés occidentales, où les violences de genre et les féminicides sont bien réels.
Cet épisode est un nouveau format, avec pour point de départ une œuvre : la Vénus au Miroir de Velázquez. Des boys club très privés sous l’Inquisition espagnole aux salles de la National Gallery de Londres, cette œuvre permet de retracer plusieurs siècles de domination de genre, de race et de classe. Lacérée en 1914 par la suffragette Mary Richardson, la toile est devenue à la fois le symbole des militantes pour le droit de vote des femmes en Angleterre, et celui de l’objectification séculaire des « corps féminins ». À travers l’histoire du tableau, cet épisode s’interroge sur la façon dont les cercles de pouvoir masculins ont défini le « grand art », la violence et le corps comme outils militants, les hiérarchies de classe, les violences policières, la suprématie blanche et les tabous qui entourent encore l’analyse sociale et politique des œuvres d’art.
Le mouvement romantique, qui se développe en France au début du 19e siècle, dans un contexte socio-politique particulièrement misogyne, a contribué à créer une sorte d’archétype de femme sacrifiée, passive et victime, tout en effaçant de l’histoire visuelle les contemporaines féministes, militantes, politiques ou journalistes.
Cet épisode a mis du temps à arriver, mais c’était le temps nécessaire pour digérer et retranscrire tout ce qu’il y a à dire sur Picasso (enfin presque). Figure du génie par excellence, Picasso est une icône quasi-intouchable, que des centaines d’expositions et de records en salles de ventes continuent à alimenter. Au-delà de cette figure mythique, Picasso était un homme particulièrement violent et misogyne. Le caractère destructeur de Picasso est loin d’être limité à sa vie privée, il a au contraire nourri une immense partie de son travail et c’est précisément pour ça qu’il est valorisé. Le cas de Picasso permet de réfléchir sur la façon dont les valeurs virilistes impactent tous les aspects de la culture occidentale, de l’esthétisation des violences sexistes et sexuelles à la fabrique des génies. On a parlé de tout ça avec mon invitée Sophie Chauveau, autrice de Picasso, le Minotaure.