Choses à Savoir CERVEAU

Rediffusion - La schizophrénie se joue-t-elle dès les premiers instants de la vie ?

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Une étude publiée en juillet 2023 dans la revue Cell Genomics par des chercheurs du Boston Children's Hospital et de la Harvard Medical School apporte un éclairage nouveau sur les origines précoces de la schizophrénie. Traditionnellement considérée comme résultant de facteurs génétiques héréditaires et environnementaux, cette recherche suggère que des mutations génétiques somatiques, survenant in utero, pourraient jouer un rôle crucial dans le développement ultérieur de ce trouble.

Les chercheurs ont analysé les données génétiques de plus de 24 000 individus, dont la moitié diagnostiqués avec une schizophrénie. Ils ont identifié des mutations somatiques, c'est-à-dire des altérations génétiques non héritées des parents mais apparaissant spontanément au cours du développement embryonnaire. Ces mutations, présentes seulement dans une fraction des cellules en fonction du moment et de l'endroit où elles se produisent, peuvent influencer le risque de développer une schizophrénie à l'âge adulte.

Deux gènes ont particulièrement retenu l'attention des chercheurs :

1. NRXN1 : Ce gène code pour une protéine essentielle à la régulation des connexions entre les neurones. Des altérations de NRXN1 peuvent perturber la communication neuronale, un facteur potentiellement impliqué dans la schizophrénie.

2. ABCB11 : Principalement connu pour son rôle dans le transport des sels biliaires dans le foie, ce gène a également été associé à des cas de schizophrénie lorsqu'il est muté.

Ces découvertes suggèrent que la schizophrénie pourrait trouver une partie de son origine dans des événements génétiques se produisant dès les premiers stades de la vie. Les mutations somatiques identifiées, bien que non héréditaires, peuvent avoir des conséquences significatives sur le développement cérébral et prédisposer un individu à la schizophrénie.

Il est important de noter que ces mutations ne sont présentes que dans certaines cellules, en fonction du moment et du lieu de leur apparition durant le développement embryonnaire. Cette mosaïcité génétique pourrait expliquer la variabilité des symptômes et de la sévérité observée chez les personnes atteintes de schizophrénie.

Cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension des origines de la schizophrénie et souligne l'importance d'examiner les mutations somatiques dans les recherches futures. En identifiant ces altérations précoces, il serait possible de développer des stratégies d'intervention plus précoces et ciblées, offrant ainsi de meilleures chances de prévention ou de traitement efficace de ce trouble complexe.

En conclusion, la schizophrénie pourrait effectivement se jouer dès les premiers instants de la vie, avec des mutations génétiques somatiques survenant in utero qui influencent le développement cérébral et augmentent le risque de ce trouble à l'âge adulte. Cette perspective enrichit notre compréhension de la schizophrénie et ouvre la voie à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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