
Show Notes
Meta vient d’accepter de payer jusqu’à 18 milliards de dollars pour changer la manière dont Facebook et Instagram traitent les adolescents. Et presque au même moment, une étude place ses applications parmi les plus gourmandes en données personnelles. Ces deux informations racontent la même histoire : chez Meta, le carburant reste notre attention, transformée en données puis en publicité.
Bonjour à toutes et à tous. Aux États-Unis, l’entreprise a conclu un accord avec 52 procureurs généraux pour mettre fin à des poursuites l’accusant d’avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser un usage compulsif chez les mineurs. Meta ne reconnaît aucune faute. L’accord prévoit jusqu’à 18 milliards de dollars sur dix ans, dont environ 12,7 milliards sont garantis.
Pour les moins de 18 ans, les deux plateformes devront appliquer par défaut une limite cumulée de deux heures par jour, bloquer l’accès entre minuit et six heures, couper l’essentiel des notifications pendant les heures de cours et renforcer la détection de l’âge. Les adolescents pourront aussi choisir un fil non personnalisé. La deuxième information éclaire le modèle économique. Surfshark a analysé les fiches de confidentialité de 171 applications sur l’App Store. Les douze applications Meta étudiées déclarent collecter en moyenne 25 catégories de données sur 35 possibles, contre 17 chez Google, 12 chez Amazon, 8 chez Microsoft et 7 chez Apple. Meta AI monte à 33. Prudence toutefois : l’étude ne mesure pas le volume réel de données collectées. Elle compte les catégories déclarées par les développeurs, et Instagram comme WhatsApp sont absents de l’échantillon.
Le lien économique est très concret. Au deuxième trimestre 2026, Meta a réalisé 59,4 milliards de dollars de revenus publicitaires sur 60,8 milliards de chiffre d’affaires total. Plus ses services connaissent leurs utilisateurs et retiennent leur attention, plus ils disposent de signaux pour personnaliser contenus et publicités. L’Europe suit le même mouvement : en juillet, la Commission européenne a estimé à titre préliminaire que le défilement infini, l’autoplay, les notifications et les recommandations très personnalisées de Facebook et Instagram contrevenaient au Digital Services Act. Le basculement est important : pendant vingt ans, chaque minute supplémentaire passée sur un réseau social avait surtout une valeur commerciale. Désormais, lorsqu’elle concerne un mineur, cette minute commence aussi à avoir un coût juridique.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
More from Choses à Savoir TECH
Une phrase invisible dans un simple e-mail peut suffire à donner de mauvaises instructions à une intelligence artificielle chargée de le lire. Le problème devient beaucoup plus sérieux lorsque cette IA peut également consulter des fichiers, envoyer des messages ou agir dans l’entreprise. Cette attaque porte un nom : l’injection de prompt. Au lieu d’introduire un logiciel malveillant classique, l’attaquant cache une instruction en langage naturel dans une source que l’IA va consulter : un courrier électronique, une page web, un document ou même une image. L’utilisateur peut ne rien remarquer. L’assistant, lui, ingère à la fois le contenu légitime et l’instruction hostile. C’est précisément pourquoi l’OWASP classe encore l’injection de prompt au premier rang de son Top 10 des risques pour les applications utilisant de grands modèles de langage en 2026.
Des chercheurs du MIT ont créé une feuille de silicone capable de reconstruire sa propre forme en trois dimensions lorsqu’on la plie ou qu’on la tord. Cousue un jour dans un vêtement, elle pourrait permettre à un casque de réalité virtuelle de suivre directement une partie de nos mouvements.
Meta prépare un câble sous-marin capable de transporter un pétabit de données par seconde entre les États-Unis et la France. Mais Petal ne donnera pas soudainement une connexion deux fois plus rapide aux particuliers : il augmente surtout la capacité de l’infrastructure qui relie les grands centres numériques des deux continents.
La France va investir 20 millions d’euros pour aider cinq acteurs à construire une offre commune de cloud et d’intelligence artificielle destinée aux données sensibles. Mais il ne s’agit pas de créer un nouveau cloud national à partir de zéro.
Un détecteur d’intelligence artificielle ne sait pas que ChatGPT a écrit un texte. Il calcule surtout à quel point ce texte ressemble à ceux qu’il a appris à reconnaître comme artificiels.