
La France a perdu l’Afrique à force de renoncements, déplore le géopolitologue Pascal Lorot
L’invité de la matinaleShow Notes
Dans cet épisode de L'invité de la matinale, David Abiker reçoit Pascal Lorot, président de l'Institut Choiseul et spécialiste de géopolitique, pour discuter de son ouvrage "Adieu l'Afrique, histoire d'une rupture fatale" aux éditions Fayard.
Ensemble, ils reviennent sur l'événement marquant de l'été : l'afflux de dizaines de milliers de migrants, principalement marocains mais aussi d'autres nationalités africaines, tentant d'entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Pascal Lorot analyse cet épisode comme un avant-goût de ce que l'Europe pourrait connaître dans les années à venir face à la réalité démographique du continent africain. D'ici 2100, entre 40 et 50% de la population mondiale vivra en Afrique, ce qui laisse présager d'importants flux migratoires vers l'Europe, principal "déversoir naturel" pour cette population.
Mais au-delà de cette question migratoire, l'invité de David Abiker dresse un constat plus large sur les relations entre la France et l'Afrique. Selon lui, la France a "lâché" l'Afrique, renonçant progressivement à ses intérêts économiques, politiques et culturels sur le continent. Pascal Lorot pointe du doigt le manque de stratégie et de vision de la France, toujours prisonnière d'un certain paternalisme post-colonial, face à la montée en puissance d'autres acteurs comme la Chine, la Turquie ou la Russie qui proposent de nouveaux modèles de partenariat aux pays africains.
Pour inverser cette tendance, Pascal Leroux plaide pour un "vrai partenariat d'égal à égal" avec l'Afrique, basé sur le développement économique, l'industrialisation et le renforcement des mobilités régionales, plutôt que sur une politique de "repentance" et de "culpabilisation" qui ne correspond pas aux attentes des Africains. Il met également en avant l'importance de lutter contre la corruption, frein majeur à l'établissement de relations économiques équilibrées.
Au fil de l'entretien, l'expert nuance le tableau en soulignant que tous les pays africains n'ont pas rompu avec la France, certains comme la Côte d'Ivoire ou le Bénin tirant leur épingle du jeu. Mais il alerte sur la nécessité pour la France de revoir sa copie et de s'adapter à un monde multipolaire où elle n'est plus la seule à courtiser le continent africain.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
More from L’invité de la matinale
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Bruno Bouchard, président de l'Université Paris-Dauphine PSL, revient sur les mouvements de protestation qui ont secoué l'enseignement supérieur et les lycées ces dernières semaines. Au-delà des violences du week-end, c'est toute une séquence de blocages et de manifestations qui révèle un malaise profond chez les jeunes Français face à l'avenir du système éducatif.
Violoniste, chef de chœur et chef d’orchestre, Jordi Savall est l'invité de la matinale de Radio Classique pour présenter sa plateforme musicale Aevum dédiée à la musique classique et au jazz.
Amine Maalouf, écrivain et secrétaire perpétuelle de l'Académie française, est l'invité de la matinale de Radio Classique pour discuter de son dernier essai « Le siècle de notre métamorphose », publié aux éditions Grasset. Un ouvrage majeur qui pose les questions existentielles de notre époque face à la révolution de l'intelligence artificielle.
Ce matin dans les studios de Radio Classique, Marc Bourreau reçoit Patrick Artus, professeur d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur d'Économie à PSE (Paris School of Economics), administrateur des Conseils d’administration de TOTAL et d'IPSOS, conseiller économique de Natixis.