
BONUS - La civilisation iranienne: Pourquoi le mot “assassin” vient-il d’une secte secrète iranienne ?
La baseShow Notes
Perchée au cœur des montagnes d’Iran, à une époque où la civilisation iranienne rayonne bien au-delà de ses frontières, une forteresse imprenable va donner naissance à l’une des organisations les plus redoutées de l’histoire : celle des Assassins.
Nous sommes à la fin du XIe siècle. L’Empire perse n’est plus celui de Cyrus ou de Darius, mais la région reste un carrefour de pouvoir, d’intrigues et de rivalités religieuses. C’est dans ce contexte qu’apparaît un homme singulier : Hassan-i Sabbah.
Brillant, austère, presque mystique, il s’empare en 1090 d’une citadelle nichée dans les montagnes de l’Alborz : Alamut, “le nid d’aigle”. À partir de ce repaire isolé, il construit patiemment un réseau clandestin d’une efficacité redoutable. Son arme n’est pas une armée classique, mais des hommes entraînés à l’infiltration, à la patience… et au meurtre ciblé.
Car les Assassins — ou “Hashshashin” — ne font pas la guerre comme les autres. Ils frappent là où cela fait le plus mal : au sommet. Vizirs, gouverneurs, chefs militaires… aucune forteresse, aucun palais n’est hors de leur portée. Ils s’introduisent, attendent le moment parfait, puis exécutent leur cible au poignard, souvent en public, pour marquer les esprits. Pas de fuite spectaculaire : la mission compte plus que la survie.
Très vite, leur réputation dépasse les frontières de la Perse. Même les Croisés, pourtant aguerris, redoutent ces tueurs invisibles. Le simple fait de recevoir un message signé de leur chef suffit parfois à faire plier un souverain.
Mais autour d’eux, la légende enfle. On raconte que Hassan-i Sabbah manipulait ses recrues, les plongeant dans des jardins paradisiaques après les avoir droguées, pour leur faire croire qu’ils avaient goûté au paradis promis. De retour à la réalité, ces hommes seraient devenus prêts à mourir pour y retourner.
Vérité historique ou propagande de leurs ennemis ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que leur pouvoir reposait autant sur la psychologie que sur la lame.
Pendant près de deux siècles, depuis leur forteresse iranienne, les Assassins vont défier les plus grandes puissances de leur temps… jusqu’à l’arrivée des Mongols au XIIIe siècle, qui rasent Alamut et mettent fin à leur règne.
Mais leur héritage, lui, survit encore. Car chaque fois que l’on prononce le mot “assassin”, c’est un écho lointain de cette histoire née dans les montagnes d’Iran qui résonne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
More from La base
André Malraux est l'une des grandes figures intellectuelles et politiques françaises du XXe siècle. Écrivain, aventurier, résistant puis ministre, il a consacré sa vie à deux grandes causes : la liberté et la culture. Il naît le 3 novembre 1901 à Paris, dans une famille modeste. Très jeune, il se passionne pour la littérature, l'art et les civilisations étrangères. En 1923, il part au Cambodge avec son épouse Clara. Mais l'aventure tourne au scandale : il est arrêté pour avoir prélevé des bas-reliefs dans un temple khmer. Condamné, il échappe finalement à la prison. Cet épisode controversé marque le début de son engagement contre les abus du colonialisme français en Indochine. Dans les années 1930, Malraux devient un écrivain célèbre. Son chef-d'œuvre, La Condition humaine, publié en 1933, reçoit le prix Goncourt. Le roman raconte l'échec d'une insurrection communiste à Shanghai, en Chine, en 1927. À travers cette histoire, Malraux pose une question fondamentale : comment donner un sens à l'existence humaine face à la souffrance, à l'injustice et à la mort ? Mais Malraux n'est pas seulement un intellectuel. C'est aussi un homme d'action. En 1936, lorsque la guerre civile éclate en Espagne, il prend le parti des républicains contre les nationalistes du général Franco. Il organise une escadrille d'avions pour participer aux combats. Cette expérience lui inspire son roman L'Espoir, publié en 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint la Résistance, sous le pseudonyme de « colonel Berger ». En 1944, il commande notamment la brigade Alsace-Lorraine, engagée dans la libération du territoire. Après la guerre, sa vie prend un nouveau tournant : il devient un proche du général de Gaulle. En 1959, il est nommé à la tête du tout nouveau ministère des Affaires culturelles, fonction qu'il occupe jusqu'en 1969. Son ambition est révolutionnaire pour l'époque : rendre les grandes œuvres d'art accessibles au plus grand nombre. Il développe notamment les Maisons de la culture et encourage la restauration des monuments historiques. La loi Malraux de 1962 permet également de protéger des quartiers anciens menacés de destruction. Grand orateur, il prononce en 1964 un discours resté célèbre lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Parallèlement, il poursuit ses réflexions sur l'art, notamment avec Les Voix du silence et ses Antimémoires. André Malraux meurt le 23 novembre 1976, à 75 ans. Vingt ans plus tard, en 1996, ses cendres sont transférées au Panthéon. Son héritage est considérable : il a profondément marqué la littérature française, mais aussi la manière dont l'État protège et diffuse la culture. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on enfreindre la loi pour défendre la justice ? C’est précisément la question que pose la désobéissance civile. Le principe est simple : une personne, ou un groupe, décide de violer volontairement une règle qu’il juge injuste, non pour obtenir un avantage personnel, mais pour provoquer un changement politique ou social. Cette action est généralement publique et non violente. Elle cherche avant tout à interpeller les citoyens et les autorités. Attention : désobéir civilement ne signifie pas rejeter toutes les lois. Au contraire, les participants affirment souvent respecter le cadre démocratique, tout en considérant qu'une règle particulière contredit des principes supérieurs, comme l’égalité ou la liberté. L’idée a été popularisée au XIXe siècle par le philosophe américain Henry David Thoreau. En 1846, il refuse de payer un impôt pour protester notamment contre l’esclavage et la guerre menée par les États-Unis contre le Mexique. Il passe une nuit en prison. Son texte publié en 1849 inspirera plusieurs générations de militants. L’un des exemples les plus célèbres est celui de Gandhi. En 1930, alors que l’Inde est sous domination britannique, il organise la « marche du sel ». Les Britanniques imposent un monopole sur ce produit indispensable. Gandhi parcourt des centaines de kilomètres et ramasse symboliquement du sel, défiant la loi coloniale. Le geste est illégal, mais sans violence : il attire l’attention du monde entier sur la lutte pour l’indépendance. Autre exemple : en 1955, aux États-Unis, Rosa Parks refuse de céder sa place à un passager blanc dans un autobus de Montgomery. Son arrestation déclenche un vaste boycott des bus, devenu un tournant du mouvement pour les droits civiques, auquel participe Martin Luther King. Comment cette stratégie fonctionne-t-elle ? En rendant une injustice visible et en plaçant les autorités devant un dilemme : tolérer l’infraction ou sanctionner des protestataires pacifiques, au risque de renforcer leur cause. Mais la désobéissance civile soulève aussi des difficultés. Qui décide qu’une loi est injuste ? Peut-on bloquer un service public au nom d’une cause ? Et jusqu’où peut aller la contestation sans menacer les droits d’autrui ? Enfin, il faut retenir une distinction fondamentale : la désobéissance civile n’efface pas les conséquences juridiques. Les participants s’exposent à des sanctions, qu’ils choisissent parfois d’assumer pour donner davantage de force à leur message. Ainsi, la désobéissance civile repose sur un paradoxe : enfreindre une loi, précisément parce qu’on estime que la justice mérite d’être défendue. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pourquoi certaines idées, considérées comme scandaleuses ou absurdes à une époque, deviennent-elles parfaitement normales quelques décennies plus tard ? Pour comprendre ce phénomène, il existe un concept fascinant : la fenêtre d’Overton.
Au XIXe siècle, la Grande-Bretagne a fait la guerre à la Chine pour défendre un commerce particulièrement étonnant : celui de l’opium, une drogue extrêmement addictive. Et cette histoire a profondément changé le destin de la Chine.