
Show Notes
Cinq musiciens Flamands aujourd’hui à peu près octogénaires ont marqué le monde de la musique ancienne. Dans cette génération dorée que les Français n’arrivent pas à prononcer – Herreweghe, Kuijken, Van Immerseel et Van Nevel – celui dont le nom semble le moins exotique – René Jacobs, mais on peut aussi le prononcer Jacobs – est aussi celui qui s’est le plus illustré dans le monde de l’opéra. Né à Gand le 30 octobre 1946, il s’est d’abord illustré comme un des plus célèbres contreténors de la scène baroque, avec des enregistrements mémorables du rôle de l’Orfeo de Gluck, du Stabat Mater de Pergolesi ou des parties d’alto dans les Passions de Bach.
Enseignant à la Scola Cantorum Basiliensis et découvreur passionné de partitions rares, Jacobs a très vite ajouté la direction d’orchestre à sa palette de talents, d’abord pour de petits ensembles – et notamment le Concerto Vocale qu’il avait fondé - et des œuvres assez anciennes ; puis, peu à peu, pour du grand répertoire incluant le XVIIIè et même parfois le XIXe siècle. Uniquement dans la musique vocale d’abord, avec beaucoup de musique sacrée, mais aussi de plus en plus de lyrique. On lui doit la révélation de compositeurs comme Cesti, Kaiser ou Graun, l’exhumation de certains opéras de Telemann, Haendel ou Cavalli, mais aussi des versions références des opéras de Monteverdi, de Mozart ou même de Beethoven ou Weber.
Délaissant parfois la pesanteur des productions scéniques pour leur préférer des versions de concert éminemment dynamiques, Jacobs a même été jusqu’à diriger Tancredi de Rossini ou Carmen de Bizet, hélas sans trace discographique à ce jour. Et son sens aigu du théâtre l’a servi quand, sur le tard, il a abordé un répertoire non vocal – les symphonies de Schubert par exemple.
Tout cela parce que, quand il était enfant, son père lui a fabriqué un théâtre de marionnettes et lui a offert deux poupées à y faire évoluer. Et que Jacobs a très vite découvert qu’en ajoutant deux poupées de plus, il y avait beaucoup plus de possibilités de raconter des histoires…
Du 20 février au 3 mars, René Jacobs dirigera Tamerlano de Haendel au festival Haendel de Karlsruhe. Le 28 mars, il dirigera la Passion selon St Matthieu au Concertgebouw d’Amsterdam. Côté disques, il a entrepris pour Alpha un cycle des messes de Haydn, mais toute sa discographie, riche de centaines de références, reste disponible, principalement chez Harmonia Mundi mais aussi sur d’autres labels comme Accent, Pentatone ou Archiv. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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