
Show Notes
Aujourd’hui, je vous emmène à Strasbourg, où j’ai enregistré cet épisode de L’après-école en public, à l’invitation du festival Format(s). Organisé par Central Vapeur, Format(s) est un festival consacré au design graphique, qui réunit expositions, conférences, ateliers et rencontres autour des pratiques graphiques contemporaines. Cette quatrième édition, désormais biennale, se poursuit jusqu’au 8 novembre 2026. Mon invitée est Sarah Fenrich. Diplômée des Beaux-Arts de Rennes en 2023, elle exerce aujourd’hui en indépendante, entre collaborations avec des studios, commandes et projets personnels. Ce qui m’a intéressée dans son parcours, c’est la place qu’y occupent les stages. Sarah les a multiplié pendant ses études. Ils lui ont permis d’affiner ses envies, de découvrir différentes manières de pratiquer le graphisme et surtout de commencer à travailler avec des studios avant même d’être diplômée. Son passage de l’école à la vie professionnelle s’est donc fait assez naturellement, même si elle raconte aussi ce que l’école ne lui a pas appris : comment gérer son activité, gagner sa vie ou simplement ne pas se retrouver seule face aux incertitudes du métier. Nous parlons également de sa revue Images de, un projet de recherche et d’édition qu’elle a initié pendant ses études et dans lequel elle s’intéresse à des graphistes méconnus ou oubliés. Une manière de conjuguer son intérêt pour l’histoire du graphisme et sa pratique du design éditorial. À travers ces différents projets, Sarah raconte finalement comment elle cherche à construire son propre équilibre entre travail collectif, commandes et recherche personnelle, sans se fixer pour l’instant de modèle définitif. Je remercie le festival Format(s) pour son invitation et Sarah Fenrich pour cet échange. Bonne écoute!
➡️ @sarahfrch @les.references
Les références : - EESAB, École européenne supérieure d'art de Bretagne, site de Rennes - Spassky Fischer, Studio de design graphique parisien - Neo Neo, Studio suisse de design graphique - Ben&Jo, Studio de design graphique strasbourgeois - Captures éditions, Maison d'édition indépendante fondée à Valence par Valérie Cudel, consacrée notamment aux livres d'artistes - Catalogue Général, Studio et plateforme éditoriale fondés par Marie Proyart et Jean-Marie Courant - Papp Gábor, Graphiste hongrois - Julia Church, Graphiste - Janine Fricker, Graphiste et peintre française, active notamment dans l'édition au milieu du XXe siècle - Graphisme en France, n° 32, Cnap - Véronique Marrier - Benjamin Gomez - U+270D, Fonderie typographique pédagogique de l'EESAB Rennes Type in use : Garabosse Mignon.ne, projet de revival réalisé par des étudiants de l'EESAB Rennes dans le cadre d'un cours de dessin de caractères. - Image de la cover : Jan and Randoald
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Merci pour votre soutien, on se retrouve toutes les deux semaines pour une nouvelle rencontre. Conception, production, curation, graphisme : Louise Gomez
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Aujourd’hui, je reçois Mathias Rabiot et Jérémie Fesson, les fondateurs de Graphéine, une agence de stratégie de marque. C’est un nouveau profil d’acteurs de l’écosystème du design graphique que je suis contente d’accueillir dans le podcast. Créé au début des années 2000, Graphéine est passé d’un collectif de graphistes à un studio, puis à une agence de stratégie de marque. Cette évolution raconte aussi celle d’un métier. Chez Graphéine, le travail ne commence pas par le dessin d’un logo, mais bien en amont, lorsqu’il s’agit de comprendre une organisation, son histoire, ses enjeux et ce qu’elle souhaite devenir. Nous parlons donc de stratégie de marque, de relation avec les commanditaires, de méthodes de création et de la place du récit dans la construction d’une identité.
Ian Party dessine des lettres depuis longtemps. D’abord dans le graffiti, puis comme peintre en lettres, avant de se former au design graphique à l’ECAL et au dessin de caractères à La KABK. En 2005, il crée avec Maxime Büchi la fonderie B&P, qui deviendra Swiss Typefaces. Quinze ans plus tard, il repart de zéro avec Newglyph et un nouveau projet : repenser un catalogue entier autour des possibilités offertes par les caractères variables. Vous l’aurez compris, la typographie est le sujet de cet épisode et surtout les variables, ce fichier unique avec une infinité de variations qui change la manière de dessiner, de construire des familles et même de penser une collection entière. Ian s’intéresse à l’histoire : du Romain du Roi sur lequel il revient depuis plus de vingt ans, de Garamond, de Didot, d’Helvetica, d’Univers, et de cette idée assez étonnante que, pour comprendre le style suisse, il faut peut-être commencer par regarder du côté de la France. On parle aussi de ce qui se passe une fois qu’une typo est sortie. Parce que pour Ian, elle n’est jamais vraiment terminée. Il regarde comment les graphistes l’utilisent pour la corriger sans cesse, parfois même plusieurs années après. Et puis on parle de ce que signifie faire vivre une fonderie aujourd’hui : produire, vendre, fixer des prix, construire un catalogue, communiquer, observer les usages et continuer à apprendre. Une conversation sur les lettres, donc, mais surtout sur la manière de les dessiner, de les faire évoluer et de les mettre en circulation. C’est l’épisode 84 et je vous souhaite une bonne écoute
Créer des espaces pour penser, pour faire, pour transmettre. C’est finalement ce qui relie toutes les activités de Thierry Chancogne. Thierry est enseignant et théoricien du graphisme. À Nevers, il est aussi à l’origine de la revue en ligne Tombolo, de Tombolo Presses et de Ravisius Textor, un lieu hybride, à la fois pédagogique, atelier et espace d’exposition. Et dans cette conversation, on parle beaucoup de pédagogie. Pas seulement de ce qu’on apprend dans une école de graphisme, mais de la manière dont on peut donner aux étudiants et étudiantes des outils, des références et surtout les conditions pour construire leur propre position. On parle aussi de théorie et d’écriture, parce que, pour Thierry, réfléchir au graphisme fait partie de la pratique. Et puis d’édition, d’intelligence artificielle, et de ce que le graphisme peut encore produire de différent et d’inattendu. Finalement, derrière toutes ces activités, il y a une même intention : créer des espaces, les charger de projets, de discussions, de rencontres, et essayer de les faire tenir dans le temps.
Sur Graphic Matter, on parle le plus souvent de processus de création. Pas de sociologie. Alors qu’est-ce qu’on constate lorsqu’on observe le graphisme avec les outils de la sociologie ? C’est la question que s’est posée Mélanie Dautreppe-Liermann. Graphiste de profession, fondatrice des éditions 1987, Mélanie a fait un master Métiers du livre et de l’édition à l’Université Paris Nanterre et consacré son mémoire aux femmes graphistes dans le monde du livre et de l’édition contemporaine. Pour mener cette enquête, elle a recueilli leurs témoignages et croisé leurs expériences avec les travaux de plusieurs sociologues qui étudient les rapports de genre dans les mondes de l’art et de la culture. Ce qui ressort de cette recherche est à la fois familier et surprenant. On y parle de reconnaissance et d’invisibilité. De femmes très présentes dans les écoles d’art, et dans les métiers de l’édition, mais beaucoup moins visibles dans les récits qui racontent l’histoire de la profession. On y parle aussi du monde de l’édition, de ce que représente le livre comme espace de travail, de collaboration et de médiation. On y parle du graphisme comme d’un métier d’écoute, d’attention aux autres et de ce que certaines graphistes appellent un « care visuel ». Et puis il est aussi question de réalités très concrètes : la précarité économique, la maternité, les trajectoires professionnelles et la difficulté parfois de durer dans ce métier. Un épisode qui identifie des faits sociaux et pose de nouvelles questions sur ce métier de graphiste éditorial, mais pas que. Bonne écoute !
Un sujet revient constamment dans mes entretiens : la précarité du métier de graphiste. Les budgets baissent, les appels d’offres sont chronophages et mal rémunérés, l’intelligence artificielle inquiète, les jeunes diplômé·es peinent à trouver leur place et le statut est peu protecteur. Beaucoup ont le sentiment qu’il devient de plus en plus difficile de vivre de ce métier. Mais est-ce que l’analyse doit s’arrêter là ? Pour cet épisode, j’ai invité Frank Adebiaye, expert-comptable, fondateur de Velvetyne Type Foundry, dessinateur de caractères et observateur attentif des métiers de la création. Au fil de notre conversation, nous avons parlé de statuts, de facturation, de retraite, d’intelligence artificielle, d’écoles, de commandes publiques et de la réalité économique du design graphique. Mais surtout, Frank défend une idée qui risque de faire réagir. Il propose un pas de côté en interrogeant la manière dont les graphistes envisagent leur propre métier. Pourquoi sommes-nous aussi nombreux à vouloir travailler pour les mêmes institutions culturelles ? Pourquoi avons-nous autant de mal à parler d’argent, à développer l’aspect commercial du métier ? Et pourquoi laisser croire qu’une commande graphique est une dépense alors qu’elle est un investissement ? Alors, les graphistes doivent-iels toustes rêver du secteur de la culture ou peuvent-iels trouver des débouchés dans tout le reste de la société ? Merci chères auditeurices d'avoir participé à cet épisode en m'envoyant vos questions. Je vous souhaite une bonne écoute.