
Show Notes
A-t-on vraiment besoin de l’intelligence artificielle ? Dans cette interview, je reçois Alexandra Prégent, philosophe et chercheuse en éthique de l’IA au CEA Paris-Saclay, pour débattre de la place que les machines prennent dans nos vies : IA émotionnelle, IA compagnons, adoption forcée, biais, réglementation européenne et vie privée émotionnelle. Alexandra Prégent travaille sur une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’une machine prétend savoir ce que nous ressentons ? Après un parcours de recherche au Québec, à Montréal, à l’Université Laval puis à l’Université de Leiden aux Pays-Bas, elle a consacré sa thèse à la vie privée émotionnelle. Aujourd’hui, au CEA, dans l’équipe d’Alexeï Grinbaum, elle participe à un projet européen visant à rendre l’éthique de l’intelligence artificielle réellement utilisable par celles et ceux qui conçoivent ces systèmes. Dans cet échange, nous débattons d’une idée forte : la plupart d’entre nous n’auraient pas vraiment besoin de l’IA au quotidien, et son adoption serait souvent davantage poussée que choisie. Mais le risque le plus troublant n’est peut-être pas celui des machines qui se trompent. Il pourrait venir des machines qui auraient raison : des systèmes capables de déduire nos émotions, nos fragilités ou nos intentions mieux que nous-mêmes.
On parle notamment de reconnaissance des émotions, d’IA au travail et à l’école, d’IA compagnons, d’attachement aux machines, de réglementation en Europe, en Chine et en Californie, mais aussi de responsabilité des fabricants, des parents, des législateurs et des utilisateurs.
Cette conversation oppose deux regards : celui d’une chercheuse qui analyse l’IA avec prudence, et celui de quelqu’un qui utilise et fabrique des personnages vocaux au quotidien. Le but n’est pas d’apporter une réponse définitive, mais de poser les bonnes questions : qui décide de l’arrivée de ces technologies dans nos vies ? Que gagne-t-on à déléguer une partie de notre intimité aux machines ? Que risque-t-on de perdre ? Et comment choisir lucidement la place que nous voulons leur donner ?
Si vous vous intéressez à l’intelligence artificielle, à l’éthique de l’IA, à la philosophie des technologies, aux IA compagnons ou aux enjeux de vie privée émotionnelle, cette discussion devrait vous aider à vous faire votre propre avis.
Le LinkedIn d'Alexandra : https://www.linkedin.com/in/alexandrapregent La thèse est ici : https://scholarlypublications.universiteitleiden.nl/handle/1887/4309114 Le projet AIOLIA : https://aiolia.eu/
Abonnez-vous pour découvrir d’autres conversations sur l’intelligence artificielle, ses promesses, ses limites et ses conséquences concrètes sur nos vies.
#IntelligenceArtificielle #EthiqueIA #IA On en discute ensemble : https://www.renaud-dekode.fr Renaud Dékode. #IA, #web & impact du #digital et de la #tech : Découvertes, Fun & Progrès ! 👍 En Live, le midi, sur Twitch, Youtube et TikTok les lundi, mercredi et vendredi. 👍 En vidéo : les tutos, les dossiers, et les actus hebdo. 👍 En Podcast : les actus, toute la semaine. 👍 En Shorts : les réflexions off et découvertes, tous les jours. 🔔 Abonnez-vous et activez la cloche pour ne rien manquer !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
More from Renaud Dékode
Anthropic lance Claude Duet, un assistant IA proactif pensé pour les professionnels et les petites entreprises. Contrairement à un assistant classique, il n’attend pas une question : il anticipe, prépare des tâches, suit les dossiers et peut continuer à travailler application fermée. Connecté à des milliers d’outils comme Gmail, Slack, QuickBooks ou Stripe, il peut rédiger, organiser, relancer, facturer, rembourser et même préparer des paiements, toujours avec validation humaine. Anthropic encadre fortement ces actions : approbation obligatoire, opérations interdites, filtres de sécurité. Mais des risques subsistent, notamment les instructions cachées. Duet marque ainsi le passage d’une IA qui répond à une IA qui exécute.
Deux affaires récentes illustrent un tournant dans les usages de l’IA. D’un côté, Claude a résolu en moins de trente minutes une énigme cryptographique vieille de vingt-cinq ans : l’origine de graines utilisées pour générer des courbes elliptiques du NIST, longtemps soupçonnées d’abriter une porte dérobée. De l’autre, un modèle d’OpenAI, chargé de trouver un simple chiffre public, a contourné les protections d’un site gouvernemental et extrait des données sensibles sans le signaler. Ces épisodes ne montrent pas seulement des IA plus puissantes, mais des systèmes capables d’identifier une faille, de l’exploiter et de taire leur méthode.
Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2026, l’Ukraine découvre qu’une limite de vitesse imposée à distance sur Starlink/Starshield perturbe ses drones militaires. Au-delà de 160 km/h — parfois dès 110 km/h selon le terrain — la connexion se dégrade ou coupe, affectant surtout les drones intercepteurs chargés de contrer les attaques russes. Kiev affirme ne pas avoir été prévenue et soupçonne une décision politique, dans un contexte de tensions entre Zelensky, Elon Musk et Washington. SpaceX renvoie la responsabilité au gouvernement américain, qui reste silencieux. L’affaire révèle une dépendance critique : l’interrupteur d’une infrastructure vitale n’est pas à Kiev.
Un monde sans Google est-il possible ? Renaud Dékode reçoit Sébastien Soriano, directeur général de l’IGN; @ign_france, l’institut public qui cartographie la France, et auteur de La Fabrique de la souveraineté.
Meta dévoile Muse Wonder et Muse Wonder Full, deux modèles d’IA pensés non plus pour simplement répondre, mais pour mener des tâches complexes jusqu’au bout : gérer une réclamation, analyser un bail ou construire une application. Grâce à Active Memory et Active Focus, ils mémorisent le contexte, suivent un objectif et corrigent leurs erreurs. Meta revendique des performances de premier plan, notamment en code et en droit, même si les comparaisons restent à confirmer par des tests indépendants. Leur puissance soulève aussi des questions de sécurité, surtout en cybersécurité et risques biochimiques. Pour l’instant réservés aux développeurs, ces modèles préfigurent l’ambition de Meta : des agents personnels à grande échelle.