
Show Notes
Interview de Michel Billières sur la méthode verbo-tonale
Dans ce podcast, Michel Billières nous parle de la méthode verbo-tonale. Michel Billières est professeur des universités au département Sciences du langage de Toulouse 2. Il a été responsable du Master en sciences du langage, spécialité acquisition et didactique du français langue étrangère et seconde à cette même université. Il est également formateur de formateurs et blogueur. Son blog s’intitule Au son du FLE.
Quelques sites utiles
Au son du FLE : https://www.verbotonale-phonetique.com
FLOraL :https://www.projet-pfc.net
Le cours en ressource UOH : http://w3.uohprod.univ-tlse2.fr/UOH-PHONETIQUE-FLE/
Le site de Pietro Intravaia : http://www.intravaia-verbotonale.com
Transcription
Bonjour Michel Billières. Merci d’être là.
Avec grand plaisir.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce qu’est la méthode verbo-tonale, nous parler de ses caractéristiques, de ce qui la différencie de la méthode articulatoire ?
Oui. Donc je vais essayer de l’expliquer le plus succinctement et le plus précisément possible. Ce que l’on appelle la méthode verbo-tonale d’intégration phonétique est une méthode qui est apparue dans le paysage de l’enseignement d’abord du français langue étrangère, ensuite d’autres langues vivantes, dès le tout début des années 60. Elle a été mise au point par un savant yougoslave qui s’appelle Petar Guberina, qui est un francophile phonéticien et c’est une méthode Indissociable également des méthodes Structuro-Globales Audio-Visuelles (SGAV) dans la mesure où les promoteurs de ces méthodes ont toujours considéré que SGAV et verbo-tonale étaient indissociables. Ça c’est le point d’histoire. Maintenant quel est le principe de la méthode verbo-tonale ? La pierre angulaire c’est ce qu’on appelle la métaphore du crible phonologique. A savoir qu’il est tout à fait normal et naturel d’avoir des problèmes de prononciation quand on parle une langue étrangère, que l’on soit adolescent ou adulte, parce qu’on est conditionné par le crible phonologique de sa langue maternelle. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que n’importe quel individu acquiert de façon naturelle, spontanée, le système sonore de sa langue maternelle et il met à peu près 5 ans pour l’acquérir. Ce n’est pas uniquement acquérir les consonnes et les voyelles, c’est acquérir toutes les règles de combinaison des voyelles et des consonnes pour une langue donnée, c’est également pouvoir intégrer le rythme et l’intonation de telle et telle langue. Il n’y a pas deux systèmes rythmiques, deux systèmes intonatifs qui se ressemblent dans les langues qui sont investiguées. Pour n’importe quel individu, autour de la cinquième année, ce crible phonologique est constitué. Cela veut dire qu’à partir du moment où on entend une langue étrangère, on perçoit toutes les sonorités de cette langue à travers une sorte de filtre, une sorte de crible, une sorte de passoire. C’est-à-dire que certains sons sont mal appréciés parce qu’ils ne font pas partie de notre crible à nous. Certains sons ne sont pas entendus, ils sont trop brefs… Donc le crible phonologique est une sorte de filtre qui nous empêche, objectivement, d’entendre des sons qui appartiennent à un autre système sonore. Ce crible phonologique est constitué aux alentours de la cinquième année, comme je vous l’ai dit, et disons que jusqu’á la puberté ce crible est assez poreux. Cela explique pourquoi un enfant de 6 ans, 7 ans, 8 ans, qui accompagne ses parents dans un pays étranger peut tout à fait facilement apprendre la langue très rapidement, au bout d’un an, s’il est scolarisé par exemple parmi les natifs, alors que les parent vont ramer comme des bêtes et n’arriveront jamais à se départir de l’accent. Par contre, lorsque la puberté démarre, on observe une chute très brutale de la performance de la perception auditive. Ça c’est inéluctable, à partir de l’adolescence on commence á être frappé par une sorte de surdité sonore aux langues étrangères, c’est maintenant
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