Bookmakers : le making-of de la littérature

Justine Niogret : fuir les loups sous l'orage (1/3)

Bookmakers : le making-of de la littérature

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Fuir les loups sous l’orage Frappez tambours et sonnez trompettes, damoiselles et damoiseaux ! En l’an de grâce 2025, il n’est point trop tôt pour ériger, de son vivant, dans quelque forêt de Bretagne, une statue à l’effigie de Justine Niogret. Dans le castelet de ses 45 ans, déjà neuf romans, une cinquantaine de nouvelles, des scénarios de jeux de rôles, des traductions de jeux de plateau ou une biographie de son fantastique maître horrifique Stephen King. « J’écris beaucoup de choses hostiles, souvent champêtres, avec des menaces, de l’effort et des personnages fiers de leurs cicatrices », dit celle qui se décrit parfois comme « une horrible geek de la plus belle eau ». Mais comment cette grande myope obsédée par les Vikings façonne-t-elle ses univers de cauchemar ?

Dans ce premier épisode consacré aux origines du « petit ogre » du Finistère, arpentons les couloirs hantés de sa tour sombre, où errent à grand bruit les cavaliers du « Seigneur des Anneaux », où bave un saint-bernard enragé, où résonnent ses sonnets enfantins sur les guerres napoléoniennes ou les déboires sentimentaux de la série « Madame est servie » qui lui inspira une pièce de théâtre. Comment naquirent les inquiétantes nouvelles d’« Et toujours le bruit de l’orage » (2008), rééditées sous le titre « Vers le pays rouge » (éditions Rivière Blanche) ? Gagner sa vie dans sa jeunesse à coudre des vêtements du Moyen-Âge est-il un atout pour, ensuite, tricoter des récits de chevalerie ? Place au paladin Justine Niogret, revigorant archer verbal que nul·le, désormais, ne saurait ignorer.

L’autrice du mois : Justine Niogret

Née à Paris en 1979, Justine Niogret « trouve les adultes assez fragiles : il suffit d'avoir des chaussettes dépareillées pour leur faire peur ». Depuis le coup d’estoc de son roman médiéval « Chien du heaume », Grand Prix 2010 de l’Imaginaire au festival des Étonnants voyageurs de Saint-Malo, elle enchaîne les aventures comme autant de conquêtes sur les littératures de genre : fiction postapocalyptique (« Gueule de truie »), dystopie robotique (« Cœurs de rouille »), péripéties vaudous (« Bayuk ») ou tragédie polaire (« Quant on eut mangé le dernier chien »), dans le sillage de Tolkien, Lovecraft ou Margaret Atwood. Elle vit et travaille à Quimper. Enregistrement

novembre 2024

Mise en ligne

29 janvier 2025

Entretien, découpage

Richard Gaitet

Prise de son

Mathilde Guermonprez

Montage

Gary Salin

Lectures

Isild Le Besco

Réalisation, mixage

Charlie Marcelet

Musiques originales

Samuel Hirsch

Flûte, vielle à roue, tambours

Grégoire Terrier

Illustration

Sylvain Cabot

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