
S1E268: La flambée du prix de l’once d’or n’est pas un feu de paille
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le prix de l’once d’or vogue de record en record depuis quelques temps, frôlant 3700$US cette semaine. Plusieurs raisons expliquent cette flambée du prix du précieux métal, selon Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD. «Le prix de l'or est élevé parce que dans un contexte d'incertitude économique, d'inflation et de tensions géopolitiques, les investisseurs cherchent un refuge qui aura pour but de stabiliser leur portefeuille», dit-elle. Elle ajoute que toutefois, si on regarde plus en profondeur, les banques centrales achètent de l’or en grande quantité pour diversifier leurs réserves. «Certains pays qui accumulent beaucoup de dollars américains préfèrent aujourd'hui les convertir en or plutôt qu'en obligations américaines. Il y a un autre facteur clé, c'est que le dollar américain s'affaiblit. Donc, comme le prix de l'or est coté en dollars américains partout dans le monde, lorsque celui-ci s'affaiblit, ça rend l'or plus abordable pour les autres pays, ce qui stimule la demande», énumère-t-elle. Comme il est difficile d’augmenter l’offre, cela joue en faveur de l’or en ce moment. Un record vieux de 45 ans a été battu La valeur de l’or en dollars constants, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation, a même récemment fracassé un record qui datait de 1980. Julie Hurtubise soutient que la valeur élevée de l’or en ce moment repose sur des fondements beaucoup plus solides qu’il y a 45 ans. «En 1980, l’inflation était très élevée et on vivait une crise pétrolière et des tensions géopolitiques. L’or a atteint un sommet à 850$US l’once, ce qui est l’équivalent d’environ 3000$US aujourd’hui. Pour réduire l'inflation, la Fed avait augmenté rapidement ses taux d'intérêt, qui ont même atteint jusqu'à 20%. L'or est donc devenu un actif considéré stagnant pendant plus de 20 ans, ce qui avait incité les banques centrales à réduire leurs réserves pendant la période», rappelle-t-elle. Aujourd’hui, la demande des banques centrales pour le précieux métal est très élevée. «Elles ont ajouté au premier trimestre de 2025 approximativement 244 tonnes d'or à leurs réserves, ce qui est un sommet des cinq dernières années. De plus, 95% des banques centrales pensent continuer d’augmenter leurs réserves d’or au cours des 12 prochains mois», dit-elle. Il existe bien évidemment des tensions géopolitiques à travers le monde en ce moment, mais la faiblesse des taux d’intérêt rend à son avis l’attrait pour l’or plus grand. Elle précise que selon les analystes les plus modérés, le prix de l'once devrait se situer entre 3600$US et 4000$US l’once d’ici la fin de l’année. Les plus optimistes le voient au-delà de 4000$US à la mi-2026. Les risques d’investir dans l’or aux niveaux actuels ne sont toutefois pas à négliger. «Il faut regarder la politique monétaire, car une hausse surprise des taux de la part de la Réserve fédérale américaine pourrait peser sur la valeur de l’or, tout comme une réduction des achats par les banques centrales ou un regain de vigueur du dollar américain», estime-t-elle. Les options d’investissement dans l’or Julie Hurtubise soutient que la manière la plus simple d’investir dans le précieux métal serait de choisir un fonds négocié en Bourse (FNB) adossé à l’or physique. «C'est simple, liquide, et ça suit directement le prix du métal. On achète et on vend comme une action, sans se soucier de l'entreposage, des assurances ou de la sécurité», explique-t-elle. Une autre option serait de sélectionner des titres individuels de sociétés aurifères ou de miser sur un FNB qui couvre le secteur. D’autres investisseurs peuvent aussi se tourner vers des détaillants comme Costco pour acheter de l’or physique, ou simplement se rendre chez un bijoutier!
*Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts. Pour de l’informa
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GESTIONNAIRES EN ACTION. L'intelligence artificielle (IA) a grandement contribué aux rendements des marchés boursiers américains depuis 2023. Après bientôt quatre années de domination, est-ce que la tendance peut se maintenir? «Oui, absolument», répond d'emblée Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. Ce dernier estime même que l'on amorce une période beaucoup plus intéressante pour l'IA. «Selon moi, on pourrait diviser le développement de l’IA en deux grands chapitres. Le premier, c’était essentiellement de construire l’infrastructure. Mais maintenant, Wall Street va commencer à poser une question assez simple : qu’est-ce qu’on reçoit en retour ?», croit-il. C’est donc là que commence, à son avis, le deuxième chapitre de l’intelligence artificielle. «La question n’est plus : combien investissez-vous en intelligence artificielle? Elle devient: Combien gagnez-vous grâce à l’intelligence artificielle? », dit-il. Il ajoute qu'à un certain moment, tous les milliards investis dans les infrastructures doivent générer des résultats. «Les prochains grands gagnants de l’IA ne seront peut-être pas uniquement les entreprises qui fabriquent les puces ou construisent les centres de données. Ça pourrait être une banque, une compagnie d’assurance, une entreprise industrielle ou une société pharmaceutique. Bref, une entreprise qui réussit à utiliser l’intelligence artificielle mieux que ses concurrents pour améliorer sa rentabilité», raconte-t-il.
GESTIONNAIRES EN ACTION. «Stephen A. Jarislowsky, c'est quelqu'un qui, avec Warren Buffett a été un modèle. Quelqu'un que j'admirais beaucoup», raconte François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. Réagissant au décès du célèbre investisseur à l’âge de 101 ans, François Rochon dit avoir quelques points en commun avec Stephen Jarislowsky. «Comme moi, il est devenu investisseur après avoir fait des études en génie. Nous partagions aussi une grande passion pour l’art», relate-t-il. François Rochon estime qu’il a eu une grande influence sur son approche du placement. «Il avait une approche à très long terme, il était patient, il voulait juste détenir des titres de grande qualité. Il était vraiment très inspirant», dit celui qui a eu l’occasion de visiter la collection d’œuvres d’art personnelle du milliardaire, dont la fortune est estimée à 3,9 milliards de dollars américains par Forbes. Le président de Giverny Capital ajoute de plus qu’il était généreux et d’une grande gentillesse.
GESTIONNAIRES EN ACTION. Un important élément à surveiller d'ici la fin de l'année en Bourse est le probable premier appel public à l’épargne d'Anthropic aux États-Unis. La société est derrière l'agent conversationnel Claude. L’agence de presse Reuters a révélé cette semaine avoir obtenu une copie du prospectus de l'entreprise qui dit qu’Anthropic cible une valorisation de 2 000 milliards de dollars américains (G$US). Tout ça malgré des pertes de 8 G$US en 2025. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, concède qu’il s’agit d’un nouvelle importante. «Pour le moment, on parle d’une entrée en Bourse après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Il faut comprendre qu’Anthropic est quand même une société assez jeune», dit-il. Selon lui les documents qui parlent d’une perte de plus de 40 G$US l’an dernier incluent des éléments comptables que l’on peut écarter des calculs. «Ce qui est vraiment important, ce sont les pertes liées aux opérations. De plus, si on se reporte uniquement au second trimestre de 2026, on ne parlerait plus d’une perte, mais bien d’un bénéfice d’exploitation», raconte-t-il. Ce dernier souligne également la forte progression des revenus de la société. «On parle d'environ 4,5 G$US de revenus l'année dernière. Or, pour le seul second trimestre de 2026, Anthropic aurait généré des revenus de 11,6 G$US. Sur une base annuelle, on parle de plus de 45 G$US de revenus pour l’entreprise cette année. C’est une croissance exponentielle», affirme-t-il. Des risques qui font sourciller La direction a aussi dressé une liste exhaustive de tous les risques liés au développement de ses agents d’intelligence artificielle qui a de quoi faire sourciller même les plus enthousiastes. On peut, entre autres, citer des «risques catastrophiques et existentiels pour l'humanité». On dit aussi que l'intelligence artificielle pourrait résister à une éventuelle tentative de la débrancher. Faut-il en prendre et en laisser? «Je pense que oui. Ce n’est pas anormal de voir des listes de risques exhaustives lorsqu'une entreprise fait son entrée en Bourse. Ce qui est peut-être exceptionnel, c'est la nature des risques. C'est rare qu'on va voir un risque existentiel pour l'humanité ou même lire que des systèmes pourraient refuser d’être mis hors service. Toutefois, le risque le plus important est qu’Anthropic s’est engagée à dépenser 500G$US de capacité pour les grands exploitants de centres de données», explique Marc L’Écuyer. Ce dernier souligne que 80% de ce montant est garanti. «La société devra débourser pour la capacité de traitement des centres de données, même si la demande n'est pas là. C'est un risque qui pourrait se matérialiser si la croissance exceptionnelle qu'on a constatée dans les deux dernières années venait à ralentir», estime-t-il.
GESTIONNAIRES EN ACTION. On a beau aimer Warren Buffett, reste qu'à 96 ans, son départ pourrait générer un vent de fraîcheur chez Berkshire Hathaway, estime Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. Le 18 septembre dernier, Berkshire Hathaway publiait un communiqué dans lequel elle confirmait que le légendaire investisseur, qui a célébré son 96e anniversaire le 30 août, quittait son poste de président du conseil d’administration «avec effet immédiat» pour devenir « président émérite ». Il sera remplacé par son fils, Howard G. Buffett, conformément au plan de succession établi de longue date. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, rappelle que le retrait de Warren Buffett s’est fait très progressivement. «La transition a tellement été bien planifiée que l’équipe de direction devrait garder une stratégie similaire à ce qui prévalait lorsqu’il était PDG», estime-t-il. «Il va peut-être y avoir de légères déviations artistiques avec la nouvelle équipe en place, mais la méthode, l'éthique et surtout la culture d'entreprise resteront inchangées», dit-il. Selon lui, les investisseurs ne devraient pas vendre les actions de Berkshire Hathaway (BRK.B, 505,18$US) parce que le milliardaire se retrouve dans un rôle beaucoup moins important au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir. «Berkshire Hathaway aujourd'hui, c'est l'équivalent d'un gros portefeuille diversifié. Ça ressemble un petit peu à un fonds commun combiné à une compagnie d'assurance. Ce qui fait la force de Berkshire, c'est le fait que c'est une compagnie d'assurance qui a possède des actions et des liquidités pour payer les assurés en cas de sinistres, alors que d’autres préfèrent détenir des titres obligataires», raconte-t-il.
GESTIONNAIRES EN ACTION. Les gouverneurs de la Réserve fédérale américaine ont voté à l'unanimité, le 16 septembre, en faveur d'un relèvement d'un quart de point du taux directeur, pour le porter entre 3,75 et 4 %. Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD, soutient que les dirigeants de la Fed avaient plusieurs raisons d’agir. «D'abord, l'économie américaine demeure solide. Les dernières données sur l'emploi ont été meilleures que prévu. De façon générale, l'économie continue de bien résister. Ça a permis à la Fed de resserrer sa politique monétaire, puisque l'inflation demeure trop élevée. Les données des derniers mois n'ont pas vraiment démontré de signe d'amélioration», dit-elle. La Fed prévoit à présent une inflation à 3,7% à la fin de 2026, encore loin de sa cible de 2%. «Il faut aussi ajouter toute l'incertitude géopolitique à ça. La guerre en Iran se poursuit et continue de faire monter le prix du baril de pétrole, ce qui vient évidemment ajouter aux pressions inflationnistes», résume-t-elle.