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S1E294: Bourse: le plus difficile, c'est de savoir quand vendre

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GESTIONNAIRES EN ACTION. À la Bourse, le plus difficile, c’est de savoir quand vient le bon moment de se départir d’un titre, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. «La décision de vendre un titre, je dirais que ça dépend beaucoup de notre philosophie d'investissement au départ. Il faut un peu que la philosophie de vente soit en ligne avec la philosophie d'achat», estime-t-il. Il dit regarder divers critères au moment d’ajouter une entreprise en portefeuille, tentant de dénicher celles qui possèdent une valeur intrinsèque supérieure à la moyenne, bénéficient d’avantages concurrentiels durables, d’une bonne équipe de direction et d’un bon bilan tout en ayant de bonnes perspectives de croissance. «Tant que ça, c'est intact, on va vouloir garder le titre en portefeuille. Je dirais qu'il y a deux choses qui peuvent se produire qui nous inciteraient à vendre. La première, c'est que les belles qualités qu'on admirait dans l'entreprise peuvent changer», explique-t-il. La seconde chose qu’il aime moins, c’est si une entreprise augmente beaucoup son endettement, soit avec une acquisition ou pour toute autre raison. «Si je deviens moins confortable avec le niveau de la dette, même si les résultats sont bons, je vais parfois préférer vendre. C'est vraiment du cas par cas», explique-t-il. François Rochon soutient que d’autres éléments peuvent l’inciter à se départir d’un titre est l’émergence d’un concurrent qui possède de meilleures perspectives de croissance. Dans ces circonstances, il peut être avantageux selon lui de vendre le titre avec le moins de potentiel et d’allouer le capital à l’idée la plus prometteuse.

Quand garder un titre : Constellation Software Quelques titres du portefeuille de Giverny Capital ont connu une année difficile en 2025 et l’éditeur de logiciels Constellation Software (CSU, 2441,27$) est l’un de ceux-là, lui qui valait 5300$ au printemps dernier avant d’amorcer un important repli. «Je pense que Constellation Software, c'est une très, très bonne entreprise. Il y a deux, trois facteurs qui expliquent la baisse du titre. Une des raisons, ça a été le départ pour des raisons de santé du président Mark Leonard. Toutefois, la raison principale de la baisse du titre, c'est que toutes les sociétés de logiciels ont beaucoup baissé en Bourse par crainte que l'intelligence artificielle vienne affecter durement leur modèle d'affaires», affirme-t-il. Le titre de Constellation, ces dernières années, se négociait à 30 fois les profits prévus, alors que ce ratio a chuté à 15 fois. «Pourtant, les résultats de 2025 ont été très bons. Le bénéfice par action ajusté a progressé d'à peu près 20%. Il n'y a donc pas de raison de croire, que les fondamentaux de l’entreprise ont changé», juge-t-il, estimant que le recul du titre est exagéré.

Quand garder un titre : Five Below Un autre titre que Giverny Capital a choisi de garder en portefeuille malgré une période tumultueuse est celui du détaillant d'articles à 5 $ et moins Five Below (235,39$US). Le titre a chuté jusqu'à un peu moins de 55 $US avant de rebondir fortement pour dépasser 230$US. Dans ce cas, la patience des actionnaires a été récompensée. La patience a été récompensée dans ce cas. «On a acheté le titre la première fois durant la pandémie, donc en mars 2020. Je pense qu'on avait payé 70$US à l'époque. Les années 2020, 2021 et 2022 ont bien été, sauf que 2024 a été très difficile. Les profits ont baissé et le titre a beaucoup reculé», rappelle-t-il. Le creux de moins de 55$US a été atteint dans la foulée des tarifs du président Donald Trump. Les investisseurs craignaient alors que ces tarifs viennent rogner les marges bénéficiaires de l’entreprise, qui s’approvisionne beaucoup en Asie. «À ce moment-là, le titre était vraiment déprimé, mais je croyais beaucoup dans le modèle d'affaires de la société. Puis bon, le bilan était encore très solide. Ils ont changé de PDG (en embauchant Winnie Park en décembre 2024) e

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Oct 15, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. L'intelligence artificielle (IA) a grandement contribué aux rendements des marchés boursiers américains depuis 2023. Après bientôt quatre années de domination, est-ce que la tendance peut se maintenir? «Oui, absolument», répond d'emblée Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. Ce dernier estime même que l'on amorce une période beaucoup plus intéressante pour l'IA. «Selon moi, on pourrait diviser le développement de l’IA en deux grands chapitres. Le premier, c’était essentiellement de construire l’infrastructure. Mais maintenant, Wall Street va commencer à poser une question assez simple : qu’est-ce qu’on reçoit en retour ?», croit-il. C’est donc là que commence, à son avis, le deuxième chapitre de l’intelligence artificielle. «La question n’est plus : combien investissez-vous en intelligence artificielle? Elle devient: Combien gagnez-vous grâce à l’intelligence artificielle? », dit-il. Il ajoute qu'à un certain moment, tous les milliards investis dans les infrastructures doivent générer des résultats. «Les prochains grands gagnants de l’IA ne seront peut-être pas uniquement les entreprises qui fabriquent les puces ou construisent les centres de données. Ça pourrait être une banque, une compagnie d’assurance, une entreprise industrielle ou une société pharmaceutique. Bref, une entreprise qui réussit à utiliser l’intelligence artificielle mieux que ses concurrents pour améliorer sa rentabilité», raconte-t-il.

Oct 8, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. «Stephen A. Jarislowsky, c'est quelqu'un qui, avec Warren Buffett a été un modèle. Quelqu'un que j'admirais beaucoup», raconte François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. Réagissant au décès du célèbre investisseur à l’âge de 101 ans, François Rochon dit avoir quelques points en commun avec Stephen Jarislowsky. «Comme moi, il est devenu investisseur après avoir fait des études en génie. Nous partagions aussi une grande passion pour l’art», relate-t-il. François Rochon estime qu’il a eu une grande influence sur son approche du placement. «Il avait une approche à très long terme, il était patient, il voulait juste détenir des titres de grande qualité. Il était vraiment très inspirant», dit celui qui a eu l’occasion de visiter la collection d’œuvres d’art personnelle du milliardaire, dont la fortune est estimée à 3,9 milliards de dollars américains par Forbes. Le président de Giverny Capital ajoute de plus qu’il était généreux et d’une grande gentillesse.

Oct 1, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. Un important élément à surveiller d'ici la fin de l'année en Bourse est le probable premier appel public à l’épargne d'Anthropic aux États-Unis. La société est derrière l'agent conversationnel Claude. L’agence de presse Reuters a révélé cette semaine avoir obtenu une copie du prospectus de l'entreprise qui dit qu’Anthropic cible une valorisation de 2 000 milliards de dollars américains (G$US). Tout ça malgré des pertes de 8 G$US en 2025. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, concède qu’il s’agit d’un nouvelle importante. «Pour le moment, on parle d’une entrée en Bourse après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Il faut comprendre qu’Anthropic est quand même une société assez jeune», dit-il. Selon lui les documents qui parlent d’une perte de plus de 40 G$US l’an dernier incluent des éléments comptables que l’on peut écarter des calculs. «Ce qui est vraiment important, ce sont les pertes liées aux opérations. De plus, si on se reporte uniquement au second trimestre de 2026, on ne parlerait plus d’une perte, mais bien d’un bénéfice d’exploitation», raconte-t-il. Ce dernier souligne également la forte progression des revenus de la société. «On parle d'environ 4,5 G$US de revenus l'année dernière. Or, pour le seul second trimestre de 2026, Anthropic aurait généré des revenus de 11,6 G$US. Sur une base annuelle, on parle de plus de 45 G$US de revenus pour l’entreprise cette année. C’est une croissance exponentielle», affirme-t-il. Des risques qui font sourciller La direction a aussi dressé une liste exhaustive de tous les risques liés au développement de ses agents d’intelligence artificielle qui a de quoi faire sourciller même les plus enthousiastes. On peut, entre autres, citer des «risques catastrophiques et existentiels pour l'humanité». On dit aussi que l'intelligence artificielle pourrait résister à une éventuelle tentative de la débrancher. Faut-il en prendre et en laisser? «Je pense que oui. Ce n’est pas anormal de voir des listes de risques exhaustives lorsqu'une entreprise fait son entrée en Bourse. Ce qui est peut-être exceptionnel, c'est la nature des risques. C'est rare qu'on va voir un risque existentiel pour l'humanité ou même lire que des systèmes pourraient refuser d’être mis hors service. Toutefois, le risque le plus important est qu’Anthropic s’est engagée à dépenser 500G$US de capacité pour les grands exploitants de centres de données», explique Marc L’Écuyer. Ce dernier souligne que 80% de ce montant est garanti. «La société devra débourser pour la capacité de traitement des centres de données, même si la demande n'est pas là. C'est un risque qui pourrait se matérialiser si la croissance exceptionnelle qu'on a constatée dans les deux dernières années venait à ralentir», estime-t-il.

Sep 24, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. On a beau aimer Warren Buffett, reste qu'à 96 ans, son départ pourrait générer un vent de fraîcheur chez Berkshire Hathaway, estime Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. Le 18 septembre dernier, Berkshire Hathaway publiait un communiqué dans lequel elle confirmait que le légendaire investisseur, qui a célébré son 96e anniversaire le 30 août, quittait son poste de président du conseil d’administration «avec effet immédiat» pour devenir « président émérite ». Il sera remplacé par son fils, Howard G. Buffett, conformément au plan de succession établi de longue date. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, rappelle que le retrait de Warren Buffett s’est fait très progressivement. «La transition a tellement été bien planifiée que l’équipe de direction devrait garder une stratégie similaire à ce qui prévalait lorsqu’il était PDG», estime-t-il. «Il va peut-être y avoir de légères déviations artistiques avec la nouvelle équipe en place, mais la méthode, l'éthique et surtout la culture d'entreprise resteront inchangées», dit-il. Selon lui, les investisseurs ne devraient pas vendre les actions de Berkshire Hathaway (BRK.B, 505,18$US) parce que le milliardaire se retrouve dans un rôle beaucoup moins important au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir. «Berkshire Hathaway aujourd'hui, c'est l'équivalent d'un gros portefeuille diversifié. Ça ressemble un petit peu à un fonds commun combiné à une compagnie d'assurance. Ce qui fait la force de Berkshire, c'est le fait que c'est une compagnie d'assurance qui a possède des actions et des liquidités pour payer les assurés en cas de sinistres, alors que d’autres préfèrent détenir des titres obligataires», raconte-t-il.

Sep 17, 2026

GESTIONNAIRES EN ACTION. Les gouverneurs de la Réserve fédérale américaine ont voté à l'unanimité, le 16 septembre, en faveur d'un relèvement d'un quart de point du taux directeur, pour le porter entre 3,75 et 4 %. Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD, soutient que les dirigeants de la Fed avaient plusieurs raisons d’agir. «D'abord, l'économie américaine demeure solide. Les dernières données sur l'emploi ont été meilleures que prévu. De façon générale, l'économie continue de bien résister. Ça a permis à la Fed de resserrer sa politique monétaire, puisque l'inflation demeure trop élevée. Les données des derniers mois n'ont pas vraiment démontré de signe d'amélioration», dit-elle. La Fed prévoit à présent une inflation à 3,7% à la fin de 2026, encore loin de sa cible de 2%. «Il faut aussi ajouter toute l'incertitude géopolitique à ça. La guerre en Iran se poursuit et continue de faire monter le prix du baril de pétrole, ce qui vient évidemment ajouter aux pressions inflationnistes», résume-t-elle.

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