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Meta voulait prouver qu’une entreprise pouvait remplacer de grandes équipes par quelques salariés entourés d’agents d’intelligence artificielle. Quelques mois plus tard, l’expérience livre surtout une autre leçon : produire davantage avec l’IA ne signifie pas forcément être plus productif.
Bonjour à toutes et à tous. Reuters a eu accès à des dizaines de documents internes et interrogé plus de vingt personnes sur « Project OT », pour Organization Transformation, lancé par Mark Zuckerberg début 2026. L’objectif était de rendre Meta « AI native ». Des équipes traditionnelles de dix à vingt personnes pouvaient être remplacées par de petites cellules de trois à cinq salariés, épaulées par des agents capables de coder, analyser et accomplir certaines tâches de manière autonome. Les ingénieurs et designers devaient même progressivement se fondre dans un rôle plus général de « builder ». Dans certains scénarios, Meta envisageait de réduire jusqu’à 60 % les effectifs de certaines équipes. Attention : l’entreprise confirme ces simulations, mais précise qu’il n’a jamais été question de supprimer 60 % de l’ensemble de ses salariés. Une première restructuration a bien eu lieu le 20 mai, avec environ 10 % des effectifs supprimés. Mais quelques heures auparavant, Zuckerberg avait annulé la préparation d’une deuxième vague prévue pour novembre.
Pourquoi ce coup de frein ? Reuters ne peut pas établir une cause unique. Mais les chiffres internes montrent un problème assez fascinant. Grâce notamment à l’IA, le nombre de modifications de code sur certaines infrastructures de Meta avait bondi de 220 % en un an. Pourtant, les modifications débouchant réellement sur de nouvelles fonctionnalités pour les utilisateurs n’avaient progressé que de 36 %. Autrement dit, les machines produisaient beaucoup plus de code, sans produire proportionnellement beaucoup plus de valeur. Pire : les incidents techniques et de sécurité avaient augmenté de 40 %, tandis que le temps consacré par les salariés à réparer les problèmes progressait de 70 %.
Le facteur humain s’est ajouté au problème. Le taux d’opinions favorables dans le baromètre interne des salariés est tombé de 74 à 55 %. Un programme enregistrant notamment frappes clavier et mouvements de souris pour entraîner des systèmes d’IA a finalement été suspendu. En juillet, Zuckerberg reconnaissait lui-même que les agents avaient progressé moins vite qu’il ne l’espérait.
Project OT n’est pourtant pas enterré : de petites équipes assistées par l’IA fonctionnent toujours chez Meta. Mais cette expérience rappelle une distinction essentielle pour toutes les entreprises tentées par l’automatisation : l’IA peut faire exploser la quantité de travail produite. La véritable révolution commencera seulement lorsqu’elle fera aussi progresser la quantité de travail utile. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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