
VISION #56 — EDOUARD JACQUINET | Le rapport égoïste dans la création et la solitude en photographie
Vision(s)Show Notes
Edouard Jacquinet fait partie de ces gens qui se posent énormément de questions. Comme je suis dans le même cas, j’arrive à le comprendre très rapidement. Au départ, sa sensibilité, son regard et la profondeur de ses séries m’interpellent tout de suite. Son dernier projet, Charly Martins, l’histoire de sa rencontre avec un crooner singulier, que j’ai découvert sous la forme de livre à Arles l’été dernier, me touche aussi beaucoup. J’avais envie d’en savoir plus.
Dans ce podcast, Edouard creuse son parcours non linéaire, protéiforme. Il évoque ses deux projets principaux, son envie presque viscérale de photographier, son rapport au temps… Il traite aussi de sujets plus globaux, par exemple, son questionnement autour du rapport égoïste dans la création ou du lien qu’il tisse avec la solitude — thématique récurrente dans son travail. Quand la chanson de Charly Martins, Nous Allons Nous Revoir, retentit au milieu du podcast, j’en ai des frissons. J’espère que ce podcast vous touchera aussi.
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🎙 Crédits
Un podcast réalisé et produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Charlie Janiaut.
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Pour ce dernier épisode de la saison — et le tout dernier épisode de Vision —, j’ai le plaisir de recevoir un photographe dont le travail éveille ma curiosité depuis longtemps : Olivier Kervern. Nous enregistrons dans son appartement du 20ᵉ arrondissement de Paris, juste avant son déménagement. Les meubles ont disparu. L’écho est présent, on fait avec. Sur la table, un Yashica moyen format. Autour, des boîtes entassées de pellicules Kodak noir et blanc.
Il y a des images qu’on croit comprendre immédiatement. Elles semblent simples, presque évidentes. Et puis, lorsqu’on s’y attarde vraiment, elles se mettent à changer. Elles glissent, elles se déplient. Elles révèlent une profondeur discrète, une ambiguïté douce, une complexité qui ne cherchait pas à se montrer.
Au moment d’enregistrer cet épisode, rien ne s’est passé comme prévu : j’avais perdu tout mon matériel. Absolument tout. David Luraschi, mon invité, et moi nous sommes donc retrouvés un peu paniqués à chercher une solution pendant plus d’une heure, peut-être une heure et demie. Cette recherche improvisée s’est finalement transformée en un moment de partage, d’humour et de découverte mutuelle. David s’est montré d’une patience rare, d’une grande bienveillance et d’un humour désarmant face à la situation.
On ne présente plus Cédric Jimenez. Voilà plus de 10 ans que le réalisateur, né à Marseille, propose un cinéma âpre, nerveux et efficace. La French, Bac Nord et Novembre, tous inspirés de faits réels, ont plongé les spectateurs dans les méandres d’un trafic de drogue, le quotidien controversé de flics de la bac, et l’enquête qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.
Lucile Hadžihalilović. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, voilà plus de trente ans qu’elle explore les multiples facettes du cinéma français. Collaboratrice de longue date de Gaspar Noé, elle a contribué à plusieurs de ses films — au scénario d’Enter the Void, à la production de Lux Æterna, ou encore au montage de Seul contre tous. Mais c’est surtout derrière la caméra qu’elle impose sa singularité : un cinéma visuel et envoûtant, où l’onirisme se mêle à l’étrange. Des œuvres comme Innocence, Évolution ou Earwig en témoignent.