
VISION #53 — JULIEN COQUENTIN | « Je me rends compte que chacune de mes séries se nourrit directement de ce que je suis en train de vivre »
Vision(s)Show Notes
Un photographe sur les traces du loup de l’Aubrac. C’est le titre intrigant d’un article de M le magazine du Monde dans lequel j’ai découvert le travail de Julien Coquentin. Photographe depuis plusieurs années en parallèle de son travail d’infirmier, qu’il a aujourd’hui quitté, Julien consacre sa photographie à des réalisations à mi-chemin entre le documentaire et une certaine forme d’intimité.
Habitant dans l’Aveyron et moi à Paris, nos chemins se croisent finalement lors de la première semaine des Rencontres d’Arles. Il est environ 15h, les cigales chantent à tue-tête et la chaleur bat son plein. Je suis très heureux de rencontrer un homme humble et généreux. Nous discutons pendant plus de deux heures de son parcours, de sa double vie, de ses différentes séries photographiques (Tôt un dimanche matin, Saisons noires, Tropiques et la dernière, Oreille Coupée), de sa relation quasi-fusionnelle avec son éditeur David Fourré et de ses différents livres… Son timbre de voix, doux et posé, nous accompagne pas à pas. Un podcast qui s’écoute comme un conte, au récit bien construit et touchant.
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🎙 Crédits
Un texte et podcast réalisé, écrit et produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Adam Badí Donoval et son projet Sometimes Life Is Hard And So We Should Help Each Other, disponible ici.
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Pour ce dernier épisode de la saison — et le tout dernier épisode de Vision —, j’ai le plaisir de recevoir un photographe dont le travail éveille ma curiosité depuis longtemps : Olivier Kervern. Nous enregistrons dans son appartement du 20ᵉ arrondissement de Paris, juste avant son déménagement. Les meubles ont disparu. L’écho est présent, on fait avec. Sur la table, un Yashica moyen format. Autour, des boîtes entassées de pellicules Kodak noir et blanc.
Il y a des images qu’on croit comprendre immédiatement. Elles semblent simples, presque évidentes. Et puis, lorsqu’on s’y attarde vraiment, elles se mettent à changer. Elles glissent, elles se déplient. Elles révèlent une profondeur discrète, une ambiguïté douce, une complexité qui ne cherchait pas à se montrer.
Au moment d’enregistrer cet épisode, rien ne s’est passé comme prévu : j’avais perdu tout mon matériel. Absolument tout. David Luraschi, mon invité, et moi nous sommes donc retrouvés un peu paniqués à chercher une solution pendant plus d’une heure, peut-être une heure et demie. Cette recherche improvisée s’est finalement transformée en un moment de partage, d’humour et de découverte mutuelle. David s’est montré d’une patience rare, d’une grande bienveillance et d’un humour désarmant face à la situation.
On ne présente plus Cédric Jimenez. Voilà plus de 10 ans que le réalisateur, né à Marseille, propose un cinéma âpre, nerveux et efficace. La French, Bac Nord et Novembre, tous inspirés de faits réels, ont plongé les spectateurs dans les méandres d’un trafic de drogue, le quotidien controversé de flics de la bac, et l’enquête qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.
Lucile Hadžihalilović. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, voilà plus de trente ans qu’elle explore les multiples facettes du cinéma français. Collaboratrice de longue date de Gaspar Noé, elle a contribué à plusieurs de ses films — au scénario d’Enter the Void, à la production de Lux Æterna, ou encore au montage de Seul contre tous. Mais c’est surtout derrière la caméra qu’elle impose sa singularité : un cinéma visuel et envoûtant, où l’onirisme se mêle à l’étrange. Des œuvres comme Innocence, Évolution ou Earwig en témoignent.