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Pour cet entretien, j’ai retrouvé Lucia dans les locaux de l’agence Belleville où je travaille, à deux pas du parc des Buttes Chaumont. C’était un samedi matin très ensoleillé et on a longuement discuté, libres de nous éterniser dans ces bureaux vides. J’ai été particulièrement frappée par la curiosité insatiable de Lucia, ses inspirations et intérêts multiples, son appétence pour tout ce qui l'entoure. Chacune de ses réponses soulevait dans ma tête une nouvelle question, nous faisant rebondir d’un sujet et d’une idée à l’autre très rapidement. Au point de délaisser assez vite - j’avoue - la liste des questions que je m’étais imprimée. Sans doute aussi parce que c’était la première fois que j'interviewais une artiste de mon âge et que j’étais particulièrement curieuse de comprendre son rapport à ce monde dans lequel notre génération vit, évolue, s’engage, crée… Et que la photographie, cet art du détail qui permet de transmettre un regard personnel, est une matière particulièrement riche quand il s'agit d’interroger et d'interpréter ce monde justement. Même quand elle montre des choses « simples », du quotidien. Des couverts et une assiette qui traînent à la fin d’un repas, des jambes croisées sous une table, le geste d’une première bouchée…
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[EN]
For this interview, I met Lucia at the Belleville agency where I work, a stone's throw from the Buttes Chaumont park in the 19th arrondissement. It was a sunny Saturday morning and we had a long chat, happily lingering in these empty offices. I was particularly struck by Lucia's insatiable curiosity, her many inspirations and interests, and her appetite for everything that surrounds her. Each of her answers raised a new question in my head, and we bounced from one subject to another very quickly. In fact, I must admit that I quickly abandoned the list of questions I'd printed out for myself. Probably also because it was my first interview with an artist of my age and I was particularly curious to understand her views on the world in which our generation lives, evolves, commits and creates… And because photography, with its eye for detail and its ability to convey a personal vision, is a particularly rich medium when it comes to questioning and interpreting this very world. Even when it shows 'simple', everyday things. Cutlery and a plate lying around at the end of a meal, legs crossed under a table, the gesture of a first bite...
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🎙 Crédits
Un podcast réalisé et écrit par Lily Lajeunesse, produit par Aliocha Boi/ Noyau.studio, monté et mixé par Virgile Loiseau et mis en musique par Charlie Janiaut.
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Pour ce dernier épisode de la saison — et le tout dernier épisode de Vision —, j’ai le plaisir de recevoir un photographe dont le travail éveille ma curiosité depuis longtemps : Olivier Kervern. Nous enregistrons dans son appartement du 20ᵉ arrondissement de Paris, juste avant son déménagement. Les meubles ont disparu. L’écho est présent, on fait avec. Sur la table, un Yashica moyen format. Autour, des boîtes entassées de pellicules Kodak noir et blanc.
Il y a des images qu’on croit comprendre immédiatement. Elles semblent simples, presque évidentes. Et puis, lorsqu’on s’y attarde vraiment, elles se mettent à changer. Elles glissent, elles se déplient. Elles révèlent une profondeur discrète, une ambiguïté douce, une complexité qui ne cherchait pas à se montrer.
Au moment d’enregistrer cet épisode, rien ne s’est passé comme prévu : j’avais perdu tout mon matériel. Absolument tout. David Luraschi, mon invité, et moi nous sommes donc retrouvés un peu paniqués à chercher une solution pendant plus d’une heure, peut-être une heure et demie. Cette recherche improvisée s’est finalement transformée en un moment de partage, d’humour et de découverte mutuelle. David s’est montré d’une patience rare, d’une grande bienveillance et d’un humour désarmant face à la situation.
On ne présente plus Cédric Jimenez. Voilà plus de 10 ans que le réalisateur, né à Marseille, propose un cinéma âpre, nerveux et efficace. La French, Bac Nord et Novembre, tous inspirés de faits réels, ont plongé les spectateurs dans les méandres d’un trafic de drogue, le quotidien controversé de flics de la bac, et l’enquête qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.
Lucile Hadžihalilović. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, voilà plus de trente ans qu’elle explore les multiples facettes du cinéma français. Collaboratrice de longue date de Gaspar Noé, elle a contribué à plusieurs de ses films — au scénario d’Enter the Void, à la production de Lux Æterna, ou encore au montage de Seul contre tous. Mais c’est surtout derrière la caméra qu’elle impose sa singularité : un cinéma visuel et envoûtant, où l’onirisme se mêle à l’étrange. Des œuvres comme Innocence, Évolution ou Earwig en témoignent.